‹ Marie dans le dogme catholique (volume 2)Chapitre 42 sur 154 · PEL DO · texte numérisé non relu

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orientales, non toujours sous le même nom, toujours cependant avec la même signification. Dans le calendrier grec elle porte le titre de « Conception de Sainte Anne Mère de Dieu » ; dans le calendrier greco-slave celui de « Conception de Sainte Anne, quand elle conçut la Très Sainte Mère de Dieu. » Elle s’appelle dans le calendrier de rite syriaque et de rite syro-maronite ; « Conception de la Bienheureuse Vierge Marie » ; dans l’arménien : « Conception de la Très Sainte Vierge Marie par l’œuvre de ses parents Joachin et Anne » ; dans le syro-chaldéen catholique la « Conception immaculée de notre souveraine Marie immaculée » ; dans le Copte : « la Conception immaculée de la Mère de Dieu, la Vierge Marie. »

Quand fut instituée en Orient cette fête ? Certains veulent la faire remonter jusqu’à la moitié du ve siècle et s'appuient sur un premier argument tiré du Typique de S. Saba qui fleurit au v° siècle, était abbé général des divers monastères de Palestine. Il écrivit pour ses monastères, un ordo pour la récitation de l'Office divin pendant toute l’année, et cet ordo s’appelle Typique. Or, dans-ce calendrier on lit au 9g décembre : « Conception de Sainte Anne, mère de Dieu, Conceplio S. Annae Malris deipare. » Siméon de .Thessalonique dans le dialogue contre les hérésies, parlant du typique de S. Saba, auquel il donne le nom de constitution, affirme que le Saint l’avait recu des saints Eutime ei Théotiste. « D'où il est évident, conclut Gravois, que la fête

de la Conception était déjà en vigueur chez les Grecs dès le v° siècle et que S. Saba l’avait reçue de ceux qui l'avaient précédé » (1).

L’argument serait en effet convaincant si nous possédions le typique tel qu'il fut rédigé par S. Saba. Au contraire, il est certain qu’il a subi plus tard des retouches, particulièrement de saint Sophrone et plus tard de saint Jean Damascène : « Dans ce typique, ainsi parla la Civiltà. Catholica, on trouve noté des fêtes d’époque assez postérieure, comme par exemple au 30 janvier la solennité des trois saints docteurs Basile, Grégoire de Nazianze et Jean Chrysostôme. Or cette fête fut instituée sous Alexis Cumène. D’autre part le typique ne fournit point lui-même un critère pour distinguer les fêtes anciennes des fêtes insérées ensuite. Donc le typique par lui-même nous laisse dans une totale incertitude. » Le célèbre Monseigneur Malou, dans son histoire du dogme de l’Immaculée Conception, croit pouvoir affirmer l’antiquité de cette fête : mais en partant d’un autre point de vue, c’est-à-dire en tirant argument du fait que même l'Eglise copte détachée de l’union catholique depuis la moitié du cinquième siècle célèbre la dite fête. Au chapitreIV, article II, il écrit en substance, qu’à partir du funeste schisme, les Eutychiens ne prirent plus rien à la véritable église, qu’ils se renfermèrent dans le cercle des croyances et des pratiques adoptées aupa-

1. « De ortu et progressu cultus ac festi Imm. Conc. » {Summa aurea, vol. VII, col. 292).

ravant ; que si donc nous trouvons chez eux la fête de la Conception de la sainte Vierge, nous sommes autorisés à penser qu’elle existait déjà au v° siècle, et était reçue presque généralement dans l’Eglise d'Orient.

Contre cet argument, la Civiltà Callolica observe : Le principe de cette argumentation est-il assez solide ? A observer la série des fêtes coptes on en trouve facilement qui sont postérieurs à la moitié du v° siècle et doivent leur institution à l'Eglise catholique ; on en trouve un exemple même chez les Bollandistes qui parlent des deux Siméons stylites. Dans le calendrier copte édité par Ludolf, au viu° du mois Ckiakai (4 décembre) on voit la fête de saint Jean Damascène, et proprement au jour où en font mémoire les Menei des grecs... Nous croyons toutefois que dans la célébration de cette fête chez ces sectes, au lieu de chercher un témoignage de leur très haute antiquité on doit chercher plus utilement un témoignage de la foi catholique. Et c’est là une déduction facile, si l’on considère qu'avoir adopté la fête suppose pour son objet la croyance mêmede l'Eglise catholique. » On doit donc rechercher une date plus récente. Le premier document certain de l'institution de la fête de l’Immaculée Conception de la Sainte Vierge se trouve chez saint André de Crète au vu° siècle, lequel composa un office pour les Grecs sous le titre : Die nona decembris conceptio sanctæ ac Dei aviæ Annæ.

Au vu’ siècle, elle n’était pas encore d'usage uni-

versel, comme il apparaît par Jean d’Eubée qui, dans son sermon pour la Conception de la Vierge, dit expressément qu’elle n'était pas admise par tous, et soutient en même temps qu’elle doit être célébrée avec honneur et joie comme la première des dix grandes solennités. Has porro decem solemnilales non sine honore el lælilia agimus ; primam quidem, licet ab omnibus non agnoscalur, in qua beati Joachim et Anna nalalium semper Virginis et Deipare Marie, nono Decembris die, nunlium acceperunt.

A la fin du 1x° siècle, Georges, archevêque de Nicomédie, pouvait déjà appeler la fête de la Conception « Fête non de récente institution, mais par l’ordre du temps et par son objet une des principales. Hodiernam luam o Maria festivitatem agamus non uti novissime adinventam, quinimo ulti ordine ila et ipsa verilale præcipuam (1). »

Si la fête de la Conception fut instituée à coup sûr au vir° siècle, cela veut dire que la foi explicite au grand privilège de Marie doit dater d’un temps très antérieur. On n'aurait jamais pu, spécialement en Orient où le peuple prenait grande part à la liturgie, introduire une fête qui ne fut point relative à un mystère cru, de foi explicite, communément par les fidèles.

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