‹ Marie dans le dogme catholique (volume 2)Chapitre 5 sur 154 · IO MARIE DANS LE DOGME · texte numérisé non relu

IO MARIE DANS LE DOGME

O ORA PIAZZI anciens qu’on puisse apporter en faveur dela beauté physique de Marie. Junilius d’Afrique, dans un de ses fragments qui nous restent, dit avoir lu en Perse, gravée en une plaque d’or, l’histoire de la visite des Mages racontée par ces saints personnages euxmémes. Parmi d’autres choses, on y lit une descriplion des charmes de Marie, où il est dit que sur son visage brillait la beauté même du visage de son Fils. On y décrit ensuite les traits de Marie, dont on donne un portrait approuvé plus tard et rapporté par Nicephore dont nous parlerons tout à l'heure. Peu importe pour le moment que la narration de Junilius d'Afrique soit vraie ou non. Nous pouvons même soutenir que les Mages n’ont jamais composé la narration que cet écrivain leur attribue. Il n’en reste pas moins que ses paroles servent à nous indiquer l’idée que, dès les premiers siècles, les chrétiens se formaient de la beauté de Marie.

Quoi plus ? L’Eglise elle-même, dans ses diverses liturgies qui sont d'ordinaire d’une antiquité relativement grande, s'approprie l’idée que Marie était réellement rayonnante d'’extraordinaire beauté. De fait l’Eglise, non seulement celle d'Occident, mais aussi celle d’Orient (et même cette dernière avec plus d'insistance), applique à Marie les expressions qui dépeignent l'épouse des sacrés cantiques. Par suite nous lisons de Marie, par accommodation de l'Eglise, ces paroles : « Tola pulchra es, Maria — Tu es toute belle, ò Marie » — Nigra sum sed formosa, filie Jerusalem : ideo dilexil me rex, et intro-

MITI III IA a BA; duxit me in cubiculum suum — Je suis noire, 6 filles de Jérusalem, mais je suis belle ; c’est pourquoi le roi m'a aimée. » — « Quo abiit dileclus tuus, 0 pulcherrima mulierum : où est allé ton bien-aimé, 6 la plus belle des femmes ? » — Que est isla que ascendit sicul aurora consurgens, pulcra ut luna, elecla ut sol, terribilis ul castrorum acies ordinata : Quelle est celle-ci qui s'élève comme l’aurore, belle comme la lune, choisie comme le soleil, terrible comme une armée en bataille ? »

De plus, l’Eglise dans des antiennes approuvées par elle, chante de Marie : « Speciosa facla es et suavis, sancla Deigenitriz — Tu es belle et suave, Ô sainte mère de Dieu » (ant. 5. in Vesp. B. M. V.). « Gaude, Virgo gloriosa, super omnes speciosa ; vale, o valde decora, el pro nobis Christum exora.— Réjouistoi, Vierge glorieuse, belle plus que toutes, salut, ò vierge d’insigne beauté, prie le Christ pour nous. » (Ant. Ave, Regina cœlorum).

Il est vrai, observerons-nous avec Janssens (page 194) qu'en beaucoup de ces passages il est parlé proprement de la beauté morale de Marie, en d’autres, de son assomption ; toutefois il nous parait à tout ie moins inconvenant de dire que ces passages s'entendent exclusivement de la beauté corporelle et encore pendant que Marie était sur terre.

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