IV. Albert le Grand
Albert le Grand fut du même avis. Il enseigne que Marie fut exempte d’un triple malheur /væ) auquel fut soumise Eve par le péché : au malheur de la faule actuelle, à celui de la peine, à celui de l'ignorance. Mais dans le livre sur l'Evangile Missus est, il pose cette question : « Pourquoi à Marie ne fut-il pas concédé en privilège d'être conçue sans la faute originelle ? — Sed quoerilur quare unum non fuerit, quod fuit sine originali concepla. » Il la résoud ainsi : « Nous répondons que ce fut impossible à moins que la mère de Marie n’eut été vierge en même temps que mère. Dicimus quod fuit impossibile nisi conciperelur de virgine, el sic maler sua fierel virgo mater. »
Albert le Grand admet donc le péché d’origine dans Marie, car il croit à l’existence d’un lien néces-
saire entre la génération active normale et l’infection de l'enfant par le péché. Ce n’est pas ici le lieu de discuter la valeur de cette raison ; il nous suffit de noter la pensée du grand maître de saint Thomas d’Aquin. Albert d’ailleurs ne changea jamais d'opinion et il l’expose encore dans l’opuscule De XII privilegiis B. M. V. Parmi ces privilèges il n’énumère point l’Immaculée Conception, mais de plus il ajoute : Sanctificavit tabernaculum suum Allissimus quando eam purgavit ab originali, ut tota munda nasceretur.
V. Saint Thomas d’Aquin, importance spéciale à connaître son vrai sentiment. — Ceux qui font de saint Thomas un partisan du privilège de Mafie. — Passages où le saint Docteur le combat ouvertement. — On s'est efforcé d’y répondre. — Ceux qui affirment que saint Thomas fut flottant. — Il faut tenir que saint Thomas est lui aussi parmi les opposants à l’Immaculée Conception. — Caractères de cette opposition décrits justement par le P. Lépicier.
Que pense sur ce point saint Thomas d’Aquin ?
A) Son autorité en théologie est connue de tous. On sait que les pontifes, les conciles, les écoles catholiques virent toujours en saint Thomas d'Aquin l’astre très lumineux qui jette des torrents de lumière sur le champ de la science théologique. Son autorité est d’un tel poids que toujours, comme par un mystérieux instinct, les studieux de théologie jugèrent fausses les opinions dont il est l’adver-
saire, et vraies celles dont il est le partisan. Aussi les théologiens scrutent-ils fiévreusement la pensée de saint Thomas sur l’Immaculée Conception.
Innombrables sont les écrits nés pour faire connaître sa vraie pensée sur ce sujet. L’un soutient qu’il fut favorable au privilège de Marie ; l’autre qu'il fut contraire ; celui-ci affirme qu’il changea d’opinion ; celui-là qu’il demeura perplexe et n’exprima jamais, d’une manière absolue et catégorique, sa pensée. En somme toutes les hypothèses possibles et imaginables sur la pensée de saint Thomas ont été soutenues. Nous exposerons toutes les hypothèses avec leurs arguments, puis nous dirons celle qui nous semble conforme à la vérité.
B) Arguments pour affirmer que saint Thomas favorisa l’idée de l’Immaculée Conception. Ceux qui disent que saint Thomas n’a d’aucune façon enlevé au diadème de Marie la perle de l’Immaculée Conception, s'appuient sur quelques passages du saint docteur où ils croient trouver équivalemment ou expressément l'affirmation de ce privilège insigne. De fait fréquemment le docteur angélique affirme de Marie qu’elle fut toute proche du Christ, qu’elle eut une singulière plénitude de grâce, qu’elle resplendit d’une pureté inférieure seulement à la pureté de Dieu. Or, ces expressions ne fussent point tombées de la plume d’un écrivain convaincu que Marie fut, au moins pour un temps, infectée de la faute originelle.
Saint Thomas dit même expressément : In Christo
et in Maria, nulla omnino macula fuit (in Ps. xrv). Dans le psaume xvi, il redit : Corpus suum (Dei Filius) posuit in sole, id est, in Maria, quoe nullam habuit obscuritatem peccati. Et dans le commentaire au livre des sentences, I, d. 44, q. 1, a. 3, ad 3, on lit ces paroles très claires : « Purilas inlendilur per recessum a contrario, et ideo potest aliquid creatum invenire, quo nihil purius esse potest in rebus creatis, si nulla conlagione peccali inquinatum sit. Et talis fuit purilas B. Virginis, que a peccato originali et actuali fuit immunis. » Il enseigne la même doctrine dans l’opuscule VI, Expositio super salutationem angelicam. On y lit : « Maria purissima fuit quantum ad omnem culpam, quia nec originale, nec mortale, nec veniale peccalum aliquando incurril. »
C) Passages où saint Thomas combat l’Immaculée Conceplion. Ceux qui disent que saint Thomas fut contraire à l’Immaculée Conception, citent d’autres passages de ses œuvres non moins clairs, non moins nombreux, et à coup sùr de plus de poids, où il affirme expressément que Marie a contracté la faute originelle.
De fait, en omettant les passages de la Somme théologique (I-II, q. Lxxxr, art. 8), et des Quest. Disput. (De Malo, q. 1v, art. 6), où est affirmée avec une force singulière l’universalité de la faute originelle en tous ceux qui dérivent d’Adam par voie de génération ordinaire, nous trouvons les passages suivants :
1° Dans Exposilio in salutalionem angelicam, Saint
Thomas dit: Christus excellil B. Virginem in hoc quod sine originali conceptus et natus est ; beata autem Virgo in originali est concepla, sed non nata.
2° Dans les questions quodlibet, VI, q. v, art. 7, Saint Thomas se pose la question: Utrum liceat celebrare conceptionem Dominae nostrae? et pour résoudre cette question il commence d’abord par exposer un argument en faveur de l’Immaculée Conception. L’argument est le suivant :
« Videlur quod liceat celebrare conceplionem Domino nostroe. Si enim non liceat, hoc non est nisi quia fuit concepla in originali peccalo, ul videlur : quia B. Virgo facla est ut speciali modo esset habitaculum Dei. Ergo debuit ad hoc specialiler proparari. Non aulem preparata est specialiler secundum corpus, quod conceplum est ex sexuum comimixlione : nec eliam quantum ad animam, quia alii eliam leguntur sanclificali in utero ; et ila relinquitur quod fueril specialiler proeparala per immunilatem ab originali peccato ; el sic licel ejus conceplionem celebrare. »
En réalité cet argument est le plus fort argument de convenance qu’aujourd’hui encore on puisse apporter en faveur de l’Immaculée Conception. Toutefois cet argument, Saint Thomas ne le trouve pas suffisant, et il résoud la question ainsi:
« Respondeo dicendum, quod hic inducuntur. due quoesliones ; una principalis ; allera accessoria, scilicet an Virgo fuerit concepta cum originali ; quod oportel primo delerminari.
Est ergo considerandum, quod unusquisque pecca-
tum originale contrahit ex hoc quod fuit in Adam secundum seminalem rationem, ut Augustinus dicit super Genesim ad lilteram. Omnes autem illi in Adam fuere secundum seminalem rationem, qui non solum ab eo carnem acceperunt, sed etiam secundum naluralem modum originis ab eo sunt propagati. Sic autem processit ab Adam beata Virgo, quia nata fuit per commixtionem sexuum, sicut et ceteri; el ideo concepla Juil in originali peccato el includitur in universilate illorum de quibus Apostolus dicit ad Rom. V. 12 : In quo omnes peccaverunl ; a qua universitate solus Christus excipitur, qui in Adam non fuit secudum seminalem ralionem ; alioquin si hoc alteri conveniret quam Christo, non indigerel Christi redemplione. Et ideo non tantum debemus dare Matri, quod subtrahat aliquid honori Filii, qui est Salvator omnium hominum, ut dicit Apostolus 1 ad Tim. IV.
Quamvis aulem beata Virgo in originali concepla fuerit, creditur tamen inutero fuisse sanclificala, antequam nata. El ideo, circa celebralionem conceplionis ejus diversa consueludo Ecclesiarum inolevit. Nam Romana Ecclesia et plurimoe alioe considerantes conceplionem Virginis in originali peccato fuisse, festum conceplionis non celebrant. Aliqui vero considerantes sanclificalionem ejus in ulero, cujus tempus ignoralur, celebranl conceplionem : creditur enim quod CITO POST CONCEPTIONEM el animoe infusionem fuerit sanctificata. Unde illa celebrilas non est referenda ad conceplionem ralione conceplionis ; sed polius ralione sancli- Jicalionis. Sic ergo non est adeo celebranda conceptio
proedicta, quia fuerit sine peccato originali concepta. »
Puis il répond à l’argument en faveur de l’Immaculée Conception par les termes suivants :
« Non enim per hoc tollitur quin fueril specialius celeris proeparala, eo quod in ipsa sanclificalione copiosius celeris munus gralioe accepil ; non solum ut purgarelur a peccalo original, sed ul lola ejus vita redderelur immunis ab omni peccato, tam mortali quam veniali, ut dicit Anselmus. »
Voici donc la pensée de saint Thomas dans cet article
a) Marie fut soumise comme tous les descendants d’Adam à la faute originelle pour deux raisons. En effet, elle ne fut point engendrée par une mère vierge ; mais elle naquit selon les voies ordinaires. Puis, si elle eut été conçue immaculée, elle n’aurait pas eu besoin d’être rachetée par le Christ, ce qui est contre la foi. La première de ces deux raisons est précisément celk dont faisait usage saint Bernard.
b) Marie cependant et nonobstant la faute originelle fut vraiment le digne tabernacle du Très- Haut, parce qu’elle fut ornée après le péché de grèces très abondantes et telles que jamais semblables grâces ne furent concédées à aucun autre saint. Cette abondance de grâces non seulement la purifia de la faute originelle, mais encore la préserva pour tout le reste de sa vie de quelqu'autre péché que ce soit.
3° La même doctrine se retrouve dans le Com-
menlaire au 3° livre des Sentences (dist. 3, q. 1, a. I, sol. I), où il recherche le temps où Marie fut sanctifiée, De tempore sanclificationis, et discute ces trois
hypothèses : a) Marie fut-elle sanctifiée avant la complète conception de son corps, ou en d’autres termes, l’acte générateur de ses parents devait-il lui transmettre la sainteté originelle ? b) fut-elle sanctifiée avant que son âme fut unie à son corps ou à l'instant de l’union ? c) fut-elle au moins sanctifiée avant de naître ?
À ces questions saint Thomas donne les réponses suivantes : a) Marie ne reçut point la grâce en vertu de l’acte générateur de ses parents. Dieu aurait pu, S'il avait voulu, perfectionner tellement dans leur vie présente Joachim et Anne jusqu’à leur donner le pouvoir de transmettre la sainteté à leur fille, mais celà ne convenait point. Pour cela Dieu aurait dû éteindre en eux la concupiscence ; alors qu’il convient que la concupiscence ne soit enlevée qu'après la vie présente.
Ad primam ergo quæslionem dicendum, quod nullo modo in parentibus sanctificari poluit, neque etiam in ipso aclu conceplionis ejus. Condilio enim specialis personalis a parentibus in prolém non transit, quia perfectio personalis est, unde et sanctificalio parentum in bealam Virginem transfundi non potuit, nisi curatum esset in eis non solum id quod persone est, sed eliam id quod est naluræ in quantum hujusmodi ; quod quidem Deus facere potuit, sed non decuit. Perfecta enim nature curalio ad perfeclionem gloria
perlinel : et ideo sic in statu vie parentes ejus curati non fuerunt ut prolem suam sine originali peccato concipere possent, el IDEO B. VIRGO IN PECCATO ORIGI- NALI FUIT CONCEPTA ; propter quod B. Bernardus ad Lugdunenses scribit, conceplionem illius celebrandam non esse, quamvis in quibusdam Ecclesiis ex devolione celebrelur, non considerando conceptionem, sed potius sanclificalionem, que quando determinata fuerit incertum est.
b) Il examine ensuite la seconde hypothèse pour l’exclure elle aussi.
Ad secundam quæslionem dicendum, quod sanctificalio B. Virginis non poluit esse decenter ante infusionem anime, quia gralie capax nondum erat; sed nec eliam IN IPSO INSTANTI infusionis, ul scilicet per gratiam tunc sibi infusam conservarelur, ne culpam originalem incurreret ; Christus enim hoc singulariter in humano genere habet ut redemptione non indigeat, quia caput nostrum est: sed omnibus convenit redimi per ipsum. Hoc autem esse non posset, si alia anima invenirelur, que numquam originali macula fuissel infecla : el ideo nec B. Virgini, nec alicui prœler Christum, hoc concessum est.
c) Ayant exclu de Marie la sanctification en vertu de la génération, la sanctification au moment de l’union de l’àme et du corps, saint Thomas admet que Marie fut sanctifiée avant de naître : Ad tertiam quæstionem dicendum, quod B. V. ante nalivilalem ex utero sanclificala fuit quod colligit potest, elc.
Ici donc apparaît toujours la même doctrine :
a) Marie ne fut point conçue sans péché, parce que l'acte générateur des parents lui transmettait la faute originelle, cet acte n’étant pas exempt de concupiscence ; parce qu’autrement Jésus n’aurait pas été son rédempteur. b) Toutefois Marie fut sanctifiée après sa conception. Et même dans le Commentaire sur les Sentences, le problème est posé en termes plus précis, la question discutée avec plus d’exactitude, parce que là sont discutées toutes les hypothèses possibles sur la portée de ce privilège.
4° Dans la Somme lhéologique œuvre ultime et plus parfaite du saint Docteur, il enseigne la même doctrine. Qu'il nous suffise de citer l’article 2, q. xxvl, de la mi p., en cet article le saint Docteur affirme :
a) Que Marie ne put d’aucune façon être sanctifiée avant l’union de son âme au corps. — Respondeo dicendum quod sanctificalio B. Virginis non, potest intelligi anle ejus animalionem, et ensuite il donne les raisons de cette impossibilité.
b) En vertu du mode de sa génération, elle devait contracter le péché.
« Elsi parentes B. Virginis fuerint mundati a peccato originali nihilominus B. Virgo peccatum originale contraxil, cum fuerit concepta secundum carnis concupiscentiam ex commixlione maris el feminæ. Dicit enim Augustinus, in lib. de nupl. el conc., omnem que de concubitu nascitur, carnem esse peccati.
c) Si Marie n’avait pas contracté le péché d’origine elle n’aurait pas eu besoin de la rédemption du
Christ. Saint Thomas nous l'enseigne dans le corps de l’article et dans la réponse ad 2um :
« El si quocumque modo ante animationem B. Virgo sanclificala fuisset, nunquam incurrisset maculun originalis culpo, et ila non indiguissel redemplione et salute qua est per Christum. Hoc autem inconveniens est quod Christus non sit salvator omnium hominum, et dicitur I ad Timot. Unde reliquitur quod sanctificatio B. Virginis fuerit post ejus animalionem ».
Et dans la réponse ad 2um : Dicendum quod si nunquam anima beata Virginis fuisset contagio originalis peccati inquinata, hoc derogaret dignitati Christi, secundum quam est universalis omnium salvator.
d) Finalement en examinant la valeur, la portée de la fête de l’Immaculée, il dit expressément qu’on ne peut en déduire l’exemption pour Marie de la faute originelle.
Nec tamen per hoc quod festum Conceplionis celebratur, dalur intelligi quod in sua conceptione fuerit sancta ; sed quia quo lempore sanclificata fuerit ignoratur, celebratur festum sanclificalionis ejus potius quam conceplionis in die conceplionis ipsius.
D) Comment inlerprèlent ces passages ceux qui font de saint Thomas un défenseur de l’Immaculée Conceplion. Quelle impression font ces passages sur ceux qui disent de saint Thomas qu'il a défendu l’Immacuiée Conception ? Ils cherchent une issue de deux façons.
a) Les uns disent que ces passages sont interposés, Une main frauduleuse aurait inséré dans les œuvres
MARIE, — T. Il. 14
du saint Docteur ces passages hostiles à la Conception Immaculée, en les substituant à d’autres textes favorables à ce dogme. Telle est l’opinion soutenue par le Père Cornoldi. Mais ce n’est là qu’une échappatoire. La corruption du texte en un point si important est loin d’être prouvée; elle est même insoutenable. .
b) D’autres choisissent une autre |voie, et disent que saint Thomas doit s'entendre dans un juste sens, autre que celui qui lui est attribué par ceux qui en font un adversaire du privilège de Marie. En prenant ses paroles au sens obvi, ils admettent aussi que saint Thomas nierait l’Immaculée Conception.. Mais sous le nom de faute originelle, le Docteur Angélique n’entendait pas la tache actuelle de ce péché, mais seulement la dette, la nécessité naturelle de la contracter. C'est ainsi par exemple que Morgott explique le passage cité.
Voici comme il interprète saint Thomas: saint Thomas dans les expressions employées où il semble nier l’Immaculée Conception, se sert des termes fondamentaux de la question en un sens différent de celui qu'ils ont dans les définitions de l'Eglise, et par suite les deux doctrines au fond ne se contredisent point. L'Eglise déclare Immaculée la Conception de Marie et saint Thomas l’affirme souillée.. Mais la définition de l'Eglise parle de la conception passive là où le Docteur Angélique parle de l’active. La sainte Eglise entend formellement le péché originel par la faute, et regarde la
personne comme en étant le vrai sujet ; saint Thomas ne l’entend que virtuellement, le considérant dans le fœtus inanimé comme dans sa cause instrumentale. Donc saint Thomas ne nie pas ce que l'Eglise affirme : la pureté et la sanctification de Marie dès le premier instant de son animation. La contradiction n’est que dans les paroles et nom point dans la chose. Et ainsi Thomas d’Aquin sans offenser la conscience moderne de l'Eglise a pu affirmer : Beala Virgo in originali, sive in peccalo originali concepta fuit. De fait il parle 1° non de la. conception de l’âme de Marie mais de celle de son corps; 2° non de sa personne mais d'une partie. constitutive de son être, c’est-à-dire de son corps. qui devait en s’unissant à l’âme former la personne; et en outre 3° il ne parle pas du péché originel au sens formel mais bien au sens matériel, en tant qu'il peut être dans la chair, c’est-à-dire virtuellement, il parle par suite de la tache naturelle du corps. laquelle porte avec elle la nécessité de la tache morale pour l’âme et la personne » (1).
Un peu plus loin le même auteur ajoute : L’infection de la chair contractée par voie de génération naturelle n’est pas vraiment et proprement la faute originelle, mais elle comporte avec elle la nécessité naturelle de la contracter. {Debilum proximum). L'Ange de l’école connaît cette distinction. Si donc. il assujettit la Vierge à l'infection de la chair, et af-