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Les divers écrits parus en ce temps et destinés à hàter la définition, sont rappelés et recensés par Malou, dans son Misloire du dogme de l’Immaculée Conception. Avec lui nous citerons les noms suivants, plus dignes d’être notés. Le bénédictin Rivarol publia en 1822 un opuscule très remarquable sur le sujet. Bien que les arguments qu’il porte ne soient pas pour obtenir l'approbation universelle, cependant son livre, dans l’ensemble, est d’une rare originalité : il raviva beaucoup les espérances de ceux qui attendaient la définition. En 1843, le cardinal Lambruschini, un des plus éminents dignitaires de la cour romaine, publia une dissertation sous le titre : Sul” Immaculalo Concepimento di Maria ; il y prouve que cette vérité est mûre pour la définition. Dans le même but, le Père Perrone écrivit une dissertation qui est un vrai chef-d'œuvre, Elle porte le titre suivant: De Immaculato B. V. Concepiu, an dogmatico decreto definiri possit. Elle est divisée en deux parties : la première raconte l’histoire de la controverse ; la seconde recherche les conditions requises pour qu’une vérité soit définie, et montre l’existence de ces conditions pour la Conception Immaculée. Le nom de l’auteur et la valeur intrinsèque de l’ouvrage, valurent au livre une très large diffusion dans le monde entier. Ce fut pour le mouvement vers la définition, une nouvelle et puissante influence. En 1839, le Père Mariano Spada, des Frères Précheurs, publia son Esame crilico sulla doltrina dell” Angelico dollore S. Tommaso d'Aquino, circa il peccalo origi-
nale relativamente alla bealissima V. Maria. Malow déclare que cet opuscule renferme la discussion la. plus solide et la plus raisonnable qu'il ait lue sur le sujet, discussion qui aurait certainement gagné la cause, si elle eut pu être gagnée, Un autre bon travail est celui du Père Brancheri, de la congrégation des Missions : Volo in forma di disserlazione sulla definizione dogmatica dell’ Immacolato Concepimento della B. M. V. Mais l’œuvre la plus gigantesque fut celle du Père Passaglia : De Immac. Virg. Conceplu. Toute la tradition y est examinée minutieusement, et le nombre des témoignages patristiques recueillis y est vraiment surprenant et fait pardonner sans peine quelques défauts de critique. De très grand mérite est le Syllage monumentorum ad mysterium Conceplionis Immaculalæ Virginis deiparæ illustrandum, du Père Ballerini S. J. Le lecteur pourra voir chez Malou la liste des autres auteurs. Une des premières places y est occupée par la Memoria des. Bénédictins de Solesmes.
Et tandis que les théologiens consacraient leur talent au triomphe du dogme de l’Immaculée, les évêques imitant l’exemple des Franciscains de Naples, cherchaient à en faire pénétrer l'affirmation de plus en plus claire dans la liturgie. Obtinrent du Saint Siège de pouvoir proclamer l’Immaculée Conception dans la Préface de la messe, en 1334 l’évêque de Séville; en 1839, l’évêque de Lyon et celui de Gand ; en 1840, l’évêque de Bruges. Le même privilège fut demandé et obtenu par l’ordre
de saint Dominique en 1843. En somme de 1834 à 1847, environ trois cents évêques et chefs d’ordres religieux obtinrent la même concession.
Alors on introduisait dans les litanies de Lorette cette nouvelle invocation : Regina sine labe originali concepla, ora pro nobis. En l’espace de cinq ans, de 1839 à 1844, plus de cent cinquante demandes en ce sens parvinrent au saint Siège, émanant des divers diocèses et des divers ordres religieux.
Evêques et ordres religieux ne se contentaient point de tout cela, et suppliaient instamment le Saint Siège de rendre enfin le grand verdict définitif.
Nous dirons à l’article suivant la solennité de ce verdict et les heureuses conséquences qui en dérivèrent.