‹ Marie dans le dogme catholique (volume 2)Chapitre 71 sur 154 · X. Les mérites de Marie : leur intensité, leur objet · texte numérisé non relu

X. Les mérites de Marie : leur intensité, leur objet

Les mérites de Marie! Ils furent grands, insur-

1. Miraculorum autem usus sibi non competebat, dum viveret; quia tunc temporis confirmanda erat doctrina Christi miraculis. Et ideo solo Christo, et ejus discipulis, qui erant bajuli doctrinæ Christi conveniebat miracula facere. Propter quod etiam de Joanne Baptista dicitur Joan. X, quod signum fecit nullum, ut scilicet omnes Christo intenderent. Usum autem prophetiæ habuit, ut patet in cantico quod fecit: Magnificat » (III p., q. XXVII, art. 5, ad 3.)

passables, comme sa sainteté. Tous les facteurs du mérite se trouvèrent en elle, à leur suprême perfection. Nous supposons le lecteur parfaitement instruit des conditions requises, pour que nos actions soient surnaturellement méritoires devant Dieu. Ce mérite dépendra de la grâce possédée et de la liberté d'opération. La liberté rend nos actes nôtres, nous en donne la responsabilité, sans laquelle ce serait folie de parler de mérite.

Quant à la grâce, elle vivifie nos bonnes œuvres, elle les élève à des hauteurs sur lesquelles se reposent complaisamment les regards du Seigneur, les proportionne à la récompense qui leur est destinée. Enlevez la liberté, nos actions alors ne sont plus nôtres dans le vrai et propre sens du mot. Sans la liberté, nous sommes le jouet des autres forces, et c'est à ces forces, non à nous, que revient le mérite des actions émanant de nous, et dans ce cas encore, on ne peut parler de mérite. Mais, si nous laissant la liberté, on nous prive de la grâce, nous sommes alors les ennemis de Dieu, et l’on sait que ses ennemis ne seront pas récompensés, mais châtiés. La récompense, au contraire, doit augmenter d'autant plus que celui qui agit est plus grand ami de Dieu, et qu'il le sert avec plus d’élan. Donc nos mérites sont proportionnés, directement, au degré de grâce que nous possédons et au degré de liberté avec lequel nous agissons.

En Marie, la grâce et la liberté s’élevèrent au plus haut degré. Inutile d’insister sur ce qui regarde la

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grace après ce que nous en avons dit. Quant à la liberté on croira facilement qu'elle fut singulière en Marie, si on pense qu'elle ne rencontra en elle aucun des obstacles qui souvent paralysent en nous le libre exercice de notre volonté. Il n’y eut en elle aucune ignorance, aucune attitude inconsidérée, aucune faiblesse, aucune révolte obstinée des sens, nuile concupiscence. Nous dirons, avec le P. Segneri, que « Marie seule, put disposer de son âme tout entière, au service de Dieu, parce que, seule, elleen fut maîtresse absolue, tant elle l’avait libérée des distractions importunes, des révoltes, des répugnances, des affections désordonnées » (1). C'est pour cela que les actions de Marie étaient très agréables au Ciel, etlui attiraient un mérite d’une grandeur incalculable. Mais plus que l'intensité intrinsèque, il sera intéressant d'étudier l’objet des mérites de la Mère de Dieu. Qu’a-t-elle mérité pour elle-même, qu'a-t-elle mérité pour nous? Qu'a-t-elle mérité relativement à la réalisation de l’Incarnation ? Rappelons d'abord ce qui ne peut plus être matière à discussion, mais doit se retenir comme absolument certain, selon les principes de la foi. Il est certain que Marie acquit tous les mérites résultant des bonnes œuvres faites en état de grâce, comme les autres Saints, seulement à un degré supérieur. Le Concile de Trente a déterminé, section VI-canon 32, l’objet du mérite commun.

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