‹ Marie dans le dogme catholique (volume 2)Chapitre 79 sur 154 · Fateor imperitiam meam, pusillanimitatem propriam · texte numérisé non relu

Fateor imperitiam meam, pusillanimitatem propriam

II. La virginité de Marie fut perpétuelle : selon la foi nous devons affirmer qu'elle fut vierge, avant, pendant et après l’enfantement.

La virginité ne fut pas une prérogative transitoire en Marie; ce ne fut pas une fleur qui orne une plante pour un certain temps, puis qui pâlit, se flétrit et tombe, alors que survient le fruit. Non elle fut perpétuelle, elle se conserva à travers tous

non abscondo. Non est equidem quod me magis delectet, sed nec quod terreat magis, quam de gloria Virginis Matris habere sermonem. Ut enim sileam interim ineffabile privilegium meritorum et prerogativam penitus singularem, tanto eam devotionis affectu, amplectuntur, honorant, suscipiunt, ut dignum est universi, ut licet de ca loqui gestiant omnes, tamen quidquid dicitur de indicibili, eo ipso quod dici potuerit, minus gratum sit, minus placeat, minus acceptetur. Quidni minus sapiat, quidquid de incomprehensibili gloria comprebendere potuerit mens humana ? Ecce enim, si in ea laudavero virginitatem, mihi multe virgines post eam videntur offerri. Si humilitatem prœdicavero, invenientur forte vel pauci qui, docente Filio ejus, mites facti sunt et humiles corde. Si magnificare voluero misericordiæ ejus mullitudinem, sunt aliqui misericordia viri, etiam et mulieres. Unum est in quo, nec primam similem visa est, nec habere sequentem, gaudia matris habens, cum virginitatis honore. Optimam, inquit partem elegit sibi Maria. Optimam plane, quia bona fecunditas conjugalis, melior autem castitas virginalis, prorsus autem optima et fecunda est fecunditas virginea seu virginitas. Marie privilegium est, non dabitur alteri quia non auferetur ab ea. Singulare est sed continuo etiam indicibile invenitur, ut nemo assequi possit, sic nec eloqui quidem. Quid si et illud adjicias, cujus mater ? Quæ jam poterit lingua, etiamsi angelica sit, dignis extollere laudibus Virginem Matrem ; matrem autem non cujuscumque, sed Dei ? Duplex novitas, duplex prerogativa : duplex miraculum sed digne prorsus aplissimeque conveniens. Neque enim filius alius virginem, nec Deum decuit partus alter. » (Serm. IV de

Assumptione).

les moments de sa vie et de sa divine maternité.

Marie conçut virginalement le Fils de Dieu, elle fui donnale jour virginalement, et conserva toujours «ensuite cette fleur de sa gioire. La phrase devenue classique, pour exprimer cette vérité est celle-ci : « Marie fut Vierge, avant, pendant et après l’enfantement. » Cette affirmation dans les trois propositions qui la composent, n’est pas de celles qui peuvent se discuter librement dans les écoles ; il faut l’accepter comme un dogme expressément défini, contre lequel on ne peut aller sans faire naufrage dans la foi. Le premier Concile de Latran, sous le Pape Martin I°° en 649, approuvé de nouveau par fe Pape Agathon, dans une lettre à l'Empereur, à l'occasion du VI° Concile, définit au can. 3 : « Si quelqu'un ne confesse pas, conformément à la doc- &rine des saints Pères, que la sainte et immaculée Vierge Marie, vraie et propre Mère de Dieu, conçut virginalement par l'opération du Saint-Esprit, engendra incorruptiblement, demeurant inaltérablement vierge, avant comme après l’enfantement, qu'il soit anathème. » (r).

Ensuite Paul IV, dans la constitution Cum quorumdam en 1555, confirmée par Clément VIII en

1. « Siquis secundumsanctos Patres non confitetur proprie et secundum veritatem Deigenitricem sanctam immaculatam Mariam, utpote ipsum Deum Verbum specialiter et veraciter, qui a Deo Patre ante omnia saecula natus est, in ultimis seculorum absque semine concepissse ex Spiritu Sancto, æt incorruptibiliter eam genuisse indissolubili permanente et post partum ejusdem virginitate, condemnatus sit. » (Denzinger, n. 204).

1603, parle bref Dominici Gregis, condamnait, comme erreur contraire à la foi : « Que la Bienheureuse Vierge Marie n’est pas vraie Mère de Dieu et qu’elle n'est pas toujours demeurée dans l'intégrité virginale, soit avant, soit pendant, soit après l’enfantement » (1).

Le dogme catholique enseigne donc que Marie devint Mère par la seule vertu divine, sans que son fils ait eu aucun père terrestre. La vertu du Très-Haut forma, dans le sein de Marie, l’humanité du Sauveur, sans l'intervention d'aucun commerce sexuel. L'œuvre de la cause paternelle fut suppléée par la Toute-Puissance de la cause suprême. Aussi de cette conception faut-il écarter tout ce qui porterait, en quelque façon que ce fut, le sceau de la sensualité et de la concupisence. Dieu opéra tacitement en elle, tandis que dans une extase d’inexprimable amour, elle s’unissait à Celui qui descendait en elle.

Mais ce n’est pas là tout ce que la foi nous dit de la virginité de Marie. Elle nous oblige aussi à croire que la naissance de Jésus n’a pas eu lieu suivant les lois ordinaires de la nature. L’intégrité virginale de Marie ne fut lésée nilors de la conception, ni

1. « Qui hactenus asseruerunt, dogmatizarunt, vel crediderunt... beatissimam Virginem Mariam non esse veram Dei Matrem, non perstitisse semper in virginitatis integritate ante partum scilicet, in partu, et perpetuo post partum, ex parte omnipotentis Dei Patris et Filii, et Spiritus Sancti, Apostolica auctoritate, requirimus et monemus, etc. » (Denzinger, n° 880).

lors de la naissance du Sauveur. Le Sigillum virginilatis fut laissé intact. Le dogme est formel. Mais comment tout cela s’est-ilfait? Quelques théologiens, cités par Suarez, ont donné des explications qui, tout en n'étant pas directement condamnées par l'Eglise, cependant se concilient difficilement avec le dogme. Petau nous a laissé l’impression d’être hésitant. Au fond, il veut que l'explication de la virginité in parlu, soit demandée à la science médicale plutôt qu’à la théologie : « In theologicis rebus explorandis, dit-il, quorum ratio ex humani corporis membrorumque descriplione constat, adhibendi sunt medicine el analomices consulli, eorumque placilis innilendum. » (1)

L'idée universellement reçue dans l'école et que consacre en outre la liturgie, c’est que le fait s’est accompli par une véritable compénétration des corps. Jésus est sorti de Marie, comme plus tard il devait sortir du sépulcre, sans en remuer la pierre ; comme il devait entrer dans le Cénacle, portes closes.

«J'ai vu, dit le P. Monsabré, les arbres de nos vergers se couvrir au printemps de fleurs blanches comme la neige: qu'ils étaient beaux leurs rameaux chargés d'espérance ! et l’automne venu, je les trouvais plus beaux encore, lorsqu'ils ployaient sous le poids de leurs fruits dorés; mais depuis longtemps la fleur était flétrie, depuis longtemps la

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