De IncarnslieX WENN
n’eurent pas de prosélytes au Moyen Age; elles reparurent au début de la Réforme. Les Anabaptistes, et parmi eux se distingua Luc Stenberger, nièrent de façon absolue la conception et la naissance virginales du Sauveur. D’après eux, il serait né tout naturellement de Marie et de Joseph, qui, outre Jésus, leur premier-né, auraient eu d’autres enfants, appelés dans l’Ecriture « ses frères. »
Bucer, Pierre Martyr, Adam Beisener, Molineus, Bèze, Buringer, tous les coryphées de la Réforme, furent Jovinianistes.
Presque tous les Protestants, bien qu'en général, au commencement, ils aient admis la conception virginale de Sauveur, ont cru et croient encore que Marie n’a pas persévéré dans la virginité, après la naissance de son Fils. Les Novateurs sont généralement antidicomarianiles. Voici comme preuve de la mentalité protestante orthodoxe, ce qu’on lit dans le Protestant Dictionary de Whrigt, sous le titre: Mary the Virgin: « Aucun lecteur sincère ne peut douter que Mathieu et Luc nous présentent Marie comme Vierge, au moment de la naissance de son divin Fils (Matth., I, 18-25; Luc, I, 26-38). Que Marie ait été ensuite la femme de Joseph, c’est explicitement affirmé dans Matthieu, I, 24. Qu'elle ait engendré d’autres fils par le concours de Joseph, c’est dit implicitement dans le verset 25, selon plusieurs manuscrits; c’est supposé, d’après tous les manuscrits, dans le verset 7 du second chapitre de Luc. Le nom de frères de Jésus est mentionné dans
Matthieu, XIII, vers. 55, comme il est parlé de ses sœurs, dans le verset 56 » (1).
La critique rationaliste, depuis Straus jusqu’à nos jours, nie absolument la virginité de Marie avant, pendant et après l’enfantement. Les efforts les plus ingénieux pour arracher à Marie ce privilège, qui crée autour d’elle une atmosphère du plus délicat parfum, nous semblent avoir été faits par H. Holtzmann, en 1895, dans la thèse reproduite par Hertzog (2), dans la Revue d’Histoire el de lillérature religieuse, Mars-Avril 1907, sous le titre « La Conceplion virginale du Christ.» Ils prétendent que la Conception virginale du Sauveur fut ignorée de la première génération chrétienne, ainsi que de l’Evangéliste saint Marc, qui, affirment-ils, soutient le contraire. Ce serait une légende introduite dans l'Eglise, pendant les dix dernières années du premier siècle; légende qui serait le fruit d’une élaboration théologique, dont on retrouve la trace et même la claire indication dans Luc et dans Mathieu. Mais nous nous occuperons plus loin de ce système imaginé par la critique radicale, quand nous aurons à le réfuter.
1. « No candid reader can doubt Matthew and Lucke both represent her as a virgin at the time of the birth of her divine Son (Mt I, 18-25; Luk. I, 26-28). That Mary was afterwards the wife of Joseph is explicitly stated in Mt 1. 24; that by him she gave birth to others sons is implied in verse 25 according to most MSS; as well as in all MSS of Luke
II, 7. The names of « brethren » of Jésus are mentioned in Mt. XIII, 55 to which are added « sisters » in verse 56. »