‹ Marie dans le dogme catholique (volume 2)Chapitre 83 sur 154 · TRIER · texte numérisé non relu

TRIER

Nous opposons deux choses à tous ces adversaires de la virginité de Marie: 1° Ce dogme nous a été révélé par Dieu, auquel on peut bien croire, et 2° tous les arguments sur lesquels on s'appuie, si spécieux soient-ils, sont absolument vains.

IV. L'Eglise, maîtresse infaillible de vérité, a toujours reconnu en Marie la plus parfaite des vierges. — La dispute entre Ratramme et Paschase Radbert. — Le défi de saint Epiphane.

— Saint Ignace d’Antioche, le plus ancien des Pêres qui parlent de Marie, et saint Justin, affirment la virginité de Marie. — Irénée, non moins que Justin, interpréte de Marie, la prophétie d’Isaîe sur la vierge qui met au monde un fils. —- La croyance en la virginité de Marie était, en ces premiers temps, populaire. — L’hésitation de certains anciens écrivains ecclésiastiques ne nuit point à la thèse.

L'Eglise, maîtresse et gardienne ineffable des

enseignements de son Fondateur, est témoin que

Dieu nous a révélé de fait la perpétuelle virginité

de sa Mère. L'Eglise a toujours reconnu en Marie

l'idéal de toute pureté, le modèle incomparable et insurmontable de toutes les vierges. Tous les siècles chrétiens déposent, avec un ensemble imposant, en faveur de la Vierge Mère. Il n’en a pas été de cette prérogative de Notre Dame, comme des autres qui ont eu pendant un certain laps de temps, une sorte de vie latente, dans la pensée chrétienne, et n'ont été manifestées, qu'après de profondes et continuelles méditations. Pour la virginité de Marie,

MAGIE, — T. Il. 24

MER alii Aide Dirisio ce à nd Née i nous trouvons au contraire des témoignages probants dans tous les siècles.

Nous n’en finirions pas si nous voulions rapporter ici seulement les principaux. Ge serait d’ailleurs, un labeur aussi ennuyeux que parfaitement inutile.

L’on sait qu’au Moyen Age ce privilège ne fut pas un seul moment mis en doute. Il y eut, il est vrai, une discussion au 1ix° siècle entre Ratramme et Paschase Radbert, sur la virginité de Marie, mais l’objet n’en était pas l'existence du privilège de Marie. Il n’était question que d'expliquer la nature de la virginité in parlu. On débaltait, avec une certaine vivacité dans les couvents d’Allemagne, le problème de savoir si Jésus était venu au monde par la voie ordinaire, ou s'il était passé à travers Marie, comme le rayon de lumière passe à travers le cristal. L'opinion prédominante était en faveur de ce dernier mode ; mais Ratramme la désapprouvait, parce qu’elle lui semblait amener comme conclusion logique, que Jésus était né monstrueusement. Il écrivit donc un livre De nali- »vilale Christi, dans lequel il s’efforçait de soutenir sa manière de voir. ll tient cependant a bien affirmer sa foi inaltérable à la perpétuelle virginité de Marie : « Absil, s’écrie-t-il, absil catholicis sensibus ut nalivitas per quam reslaurata fuerunt corrupta, quod corruperit inlegra credalur ! » Puis il ajoute encore : « Catholica fides de Virgine Salvatoris Matre confilelur, quod virgo fuerit ante partum, virgo in parlu, virgo post partum. Utrumque vides credi,

ulrumque confileri, el malris virginilalem, et infantis. ELOTIUM:.... Propter namque inviolalam pudoris aulam,.. virginitalem prædicat et ante partum, el in partu, et post parlum : el propter vere nalivilalis exordium, . verum parientis partum confilelur » (1).

L’ouvrage de Ratramme fitrumeur, scandale et fut: réfuté par Paschase Radbert dans son traité De partu Virginis, où il soutient que la naissance du Sauveur eut lieu en dehors des lois naturelles, et que l'opinion de Ratramme n'est pas compatible avec la foi dans la virginité in parlu. La querelle se termina tout de suite, par la défaite de Ratramme.

Une telle discussion, loin d'établir qu’au Moyen: Age, l'Eglise a douté de la virginité de Marie, confirme le contraire. Elle prouve, en effet, que le sentiment de la perpétuelle virginité de la Mère de Dieu avait profondément pénétré dans la conscience chrétienne, et que les fidèles en étaient sì jaloux, qu'ils n'auraient jamais souffert même l'apparence d’une tentative quelconque pour la détruire.

Il ne faudrait pas croire que le triomphe de ce dogme, si plein d'honneur pour Marie, fut alors de date récente. Dès la fin du 1rv° siècle, saint Epiphane lançait un défi à ceux qui le niaient : « Qui. donc, et dans quel temps, se permit jamais de prononcer le nom de Marie, sans ajouter aussitôt surdemande, le qualificatif de Vierge ? » (2).

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