‹ Marie dans le dogme catholique (volume 2)Chapitre 85 sur 154 · Epist. 7. ad Syric. Migne. P. L. XVI · texte numérisé non relu

Epist. 7. ad Syric. Migne. P. L. XVI

Quand ces erreurs monstrueuses essayèrent d’amoindrir l'honneur de Marie, disant que sa virginité se limitait à la conception du Verbe, pour cesser ensuite, ce fut une explosion unanime de profonde indignation, en Orient comme en Occident. Les textes cités de saint Epiphane qui constataient la croyance commune des chrétiens, visaient précisément ces hérésies. Marie était vierge dans le sens le plus large du mot, vierge avant, pendant et après son enfantement.

En Occident les champions qui luttèrent contre les détracteurs de la virginité de Marie, furent : d’abord saint Jérôme, puis saint Ambroise et saint Augustin, Saint Jérôme écrivit sur la virginité de Marie un traité qui est un pur chef-d'œuvre.

Saint Epiphane avait donc bien raison de dire que l'Eglise a toujours regardé Marie comme la Vierge par excellence.

Les tàtonnements de quelques Pères et d’autres écrivains ecclésiastiques antérieurs au IV siècle, au sujet de la virginité de Marie dans l’enfantement, ne sont pas une difficulté. Bien que Clément d'Alexandrie semble en exagérer le nombre (1), il y en eut peu en réalité, ainsi que nous l’avons déjà remarqué avec Petau. Leur étrange manière de voir ne doit pas nous déconcerter. Dans un temps où l'exposition des dogmes n'avait pas encore trouvé

1. « Sed ut videtur, mullis in hodiernum diem videtur Maria esse puerpera, propter ortum Filii, cum non sit puerpera. » (Chron. VII. 16, 96).

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LES PRÉROGATIVES DE MARIE 377 FE UP ns ee en bi

de formules bien précises, éprouvées au choc de la contradiction, alors que la spéculation théologique faisait ses premiers pas, on ne doit certes pas crier au scandale, pour quelques phrases moins correctes tombées de la plume de quelques illustres écrivains. A juger autrement des choses, iln’est pas d’opinion étrange qu'on ne pourrait en théologie mettre sous le patronage de quelque nom illustre. Ce n’est pas à quelque voix isolée que nous devons demander la vraie pensée de l'Eglise, mais au chœur de tous les docteurs. Et dès le commencement de l'Eglise, l'idée la plus commune est que Marie a possédé la virginité, au plus haut degré d’élévation et d’extension que l’on puisse imaginer. Même les adversaires, du reste, en conviennent, et n'ont aucune difficulté à reconnaitre que cette croyance remonte jusqu'aux dernières années du premier siècle. « Le dogme de la conception virginale, dit Herzog, déjà cité, fit donc son apparition dans la conscience chrétienne aux environs de l’année 80 » (x).

Il est donc inutile d’insister d'avantage sur les témoignages de la tradition. Il importe, au contraire, de montrer comment ce dogme est indubitablement contenu dans la Sainte Ecriture.

V.La célèbre prophétie d’Isaîe se rapporte ala Vierge. — Quelle interprétation en donne saint Matthieu; l'interprétation catholique. — Les objections réfutées : Matthieu applique la pro-

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