Rev. d'h. et de I. p
phétie non dans un sens accomodatice, mais
dans un sens réel; la parole alma signifie
vierge au sens strict du mot. — Malgré quelque obscurité du contexte, la prophétie s’interpréte très bien littéralement de Marie et de Jésus-
Christ. — Il faut toutefois reconnaître que la
prophétie ne s'éclaire totalement que de son
accomplissement.
V. Les premiers Pères de l'Eglise, comme nous l’avons vu, ont découvert une première affirmation de la virginité de Marie dans le septième chapitre d’Isaie. Voici ce qu'il est dit dans ce chapitre : Achaz roi de Juda et toute la cité de Jérusalem étaient menacés par deux adversaires alliés entre eux, Rasin, roi de Syrie et Phacée roi d'Israël. Le roi et le peuple étaient frappés d’épouvante. Le prophète Isaïe reçut de Dieu la mission d’aller avec son fils consoler le roi, le dissuader de s’allier avec les Assyriens, et l’engager à mettre toute sa confiance en Dieu, qui ne manquerait pas de le protéger. Pour assurer le roi de la vérité de ses paroles, le Prophète lui dit de demander à Dieu une preuve, l’acccomplissement de quelque miracle. Et le Seigneur parla de nouveau à Achaz, lui disant : « Demande un signe à Jéhovah, ton Dieu, demandele au fond du séjour des morts ou sur les hauteurs du ciel ». Mais Achaz dit : « Je ne demanderai rien, je ne veux pas tenter Dieu ». Isaïe dit : « Ecoutez, maison de David, est-ce trop peu pour vous de lasser la patience des hommes, que vous lassiez encore celle demon Dieu? C’est pourquoi Jéhovah
lui-même vous donnera un signe : « Voici qu'une vierge concevra el enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. Il mangera de la crème et du miel jusqu’à ce qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien; car avant que l'enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, le pays dont les deux rois t'épouvantent sera dévasté » (Io et suiv.). Saint Mathieu a vu dans ces paroles d’Isaïe une prédiction de la future Vierge Mère, Marie. Après avoir raconté sa conception virginale, il ajoute : « Et tout ceci arriva afin que fut accompli ce qu'avait dit le Seigneur, par le prophète : « La Vierge concevra et enfantera un fils et on le nommera Emmanuel, c’est-à-dire Dieu avec nous » (1).
La coutume des Pères et l’autorité surtout de saint Mathieu ont déterminé au sein du christianisme un courant très puissant, incoercible, pour interpréter la parole du prophète en faveur de la miraculeuse conception du Sauveur. Saint Jérôme, avec son autorité d’exégète très pénétrant et très versé dans la langue hebraïque donne à ce mode d'interprétation un vigoureux appui. Il a préparé les armes destinées à répondre à toutes les objections. En fait l’histoire du dogme ne trouve que très peu de contradicteurs à cette manière de voir. Au moyen-àge, il y eut André de saint Victor qui, afin de ne pas encourir la dérision des Rabbins, accepta l'interprétation judaïque, selon laquelle Isaïe aurait parlé, non