TN
sée, voici qu’un Ange du Seigneur lui apparut en: songe, et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains point de prendre avec toi Marie ton épouse, car ce: qui est formé en elle est l’ouvrage du Saint-Esprit. Et elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ; car il sauvera son peuple de ses péchés. » Or tout cela arriva afin que fût accompli ce qu'avait dit le Seigneur par le Prophète : « La Vierge concevra et enfantera un fils ; et on le nommera Emmanuel, » c’est-à-dire Dieu avec nous. Réveillé de son sommeil, Joseph fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait commandé : il prit avec lui Marieson épouse. Mais il ne la connut point jusqu’à ce qu’elle enfantàt son fils premier-né, à qui il donna le nom de Jésus. »
Tout commentaire serait ici hors de propos. Le texte est d’une telle clarté, qu’on ne pourrait em souhaiter une plus grande et ce qui ressort de cerécit plein de candeur ingénue, c’est que Marie devint Mère de Jésus d’une façon miraculeuse, sans aucune intervention d'homme, par la seule vertu du Saint-Esprit. L’affirmation de la virginité de Marieest faite d’une manière qui n’admet aucune hési— tation.
Les disciples d’Helvidius durent l’admettre aussi au temps de saint Jérôme, eux qui abusèrent cependant du dernier verset du chapitre, pour refuser è. Marie la perpétuité de sa virginité. L'Evangéliste dit : « Et Joseph ne la connut pas jusqu’à ce qu’elle enfantàt son premier-né. » Ils se crurent autorisés à tirer
comme conclusion de ces paroles, ceci : Après la maissance de Jésus, Joseph connut Marie, et la couronne de la virginité lui fut ainsi enlevée; par Joseph, elle eut d’autres fils, et c’est pour cela que Jésus est appelé le premier-né de Marie.
Saint Jérôme résout victorieusement cette difficulté. Il la rapporte dans toute sa force, sans la diminuer ni l’atténuer de manière quelconque ; mais il y oppose une réponse absolument satisfaisante; on ne saurait en trouver de meilleure comme aussi, on ne saurait depuis s’effrayer d’une semblable objection. Saint Jérôme passe en revue plusieurs passages de la sainte Ecriture, où se trouve une formule semblable à celle qui nous occupe « jusqu’à ce que... » etc., en latin : donec, pour en établir la juste valeur, non sur des bases de fantaisie, mais ‘sur des bases solides, sur des données positives. Et la conclusion inéluctable à laquelle il arrive, c’est que le « jusqu’à ce que... donec » signifie qu’une chose n’est pas arrivée jusqu'alors ; mais ne préjuge en rien de ce qui suit.
La chose dont on nie l’existence jusqu’à... peut avoir ou ne pas avoir eu lieu après. C’est à d’autres critères qu'il faut s’adresser pour le savoir. La simple locution « Cela n’eut pas lieu jusqu’à ce que » n’autorise pas à conclure que la chose soit vraiment arrivée après (1).
Dans le cas présent, on ne peut trouver cette