III CDI art 16 1ad
che l’homme du monde pour l’unir à Dieu, lui fait mépriser les plaisirs de la chair, pour laisser à l’âme la liberté de ses élans vers l’idéal surnaturel. L'homme a en lui-même les principes d’une vie animale et ceux d’une vie angélique. La luxure fait oublier à l’homme les titres les plus beaux de sa gloire, lui fait disputer aux animaux les glands de la terre ; la tempérance ne renonce pas aux plaisirs du corps, mais les modère ; la virginité les méprise. La tempérance retient d'une main ferme les liens qui nous rattachent à la vie sensible, et les empéche d’étouffer les énergies supérieures ; la virginité fait beaucoup plus, elle rompt les liens d’une main hardie et fait que, dans le silence des sens, l’âme entend nette, distincte, imposante, irrésistible, la voix du Seigneur qui l’appelle à monter librement sur le sommet de la perfection chrétienne. Ceux qui sont vraiment vierges ont, comme le dit saint Augustin, ont dans la chair quelque chose qui n’est point de la chair : Habent aliquid jam non carnis in carne (De sancla Virg., c. xin).
Or, telle fut la virginité de Marie. Considérée comme sentiment de l’âme qui méprise la terre pour s’élèver au ciel, elle fut en elle à un degré unique : aussi Marie est-elle appelée dans la liturgie de saint Jacques, Gloire des Vierges ; par saint Ephrem, Couronne des Vierges ; par saint Epiphane, princesse de la virginité ; par saint Ildephonse, cime des Vierges ; par saint Ambroise, enseigne des Vierges, maîtresse de la virginilé ; par Damascène,
trésor de virginilé ; par saint Anselme, mère de la virginité ; par saint Bernard, prémices dela virginité.(1) Evidemment toutes ces louanges s'adressent, en Marie, non au simple fait de l'intégrité virginale, en quoi elle ne différerait point des autres vierges ; mais elles exaltent surtout son dessein de demeurer toujours vierge.
II. L'amour de Marie pour la virginité apparaît dans son colloque avec larchange Gabriel : de ce colloque résulte encore que Marie avait fait voeu de rester toujours vierge.
Quelle intensité eut en elle ce dessein, cela apparaît clairement de son colloque avec l’ange : « Gabriel, écrit Bossuet, aborde Marie, et lui annonce qu’elle concevra dans ses entrailles le Fils du Très-Haut, le Roi et le Restaurateur d'Israël : voilà d’admirables promesses. Qui pourrait s’imaginer qu’une femme dût être troublée d’une si heureuse nouvelle ; et quelle vierge n’oublierait pas le soin de sa pureté dans une si belle espérance ? Il n’en est pas ainsi de Marie : au contraire, elle y forme des difficultés. « Comment se peut-il faire, dit-elle, que je concoive ce Fils dont vous me parlez, moi qui ai résolu de ne connaître aucun homme? ». Comme elle eut dit : Ce m'est beaucoup d'honneur, à la vérité, d’être mère du Messie ; mais si je la suis, que deviendra-t-il de ma virginité ?... Elle craint, elle hésite ; elle est prête à dire