‹ Marie dans le dogme catholiqueChapitre 10 sur 92 · Nonnulli dum plus sapere quam oportet sapere ges · texte numérisé non relu

Nonnulli dum plus sapere quam oportet sapere ges

Eadmer dans son admirable traité : De excellentiæ Virginis démontre clairement qu'il n’a aucune esti-me pour les narrations apocryphes. Il ne cache pas que, à bon droit, les origines de Marie sont supposées avoir été entourées d'évènements extraordinaires et surnaturels, mais il ne trouve point convenable qu’on se risque à dire par le détail quels ont. été ces événements : « Je pense en moi-même, ditil, que la naissance de Marie a dû être précédée de prodiges grands, admirables et divins. Mais quels ont été ces prodiges, celui-là seul peut le dire. qui se choisit Marie pour mère, avant qu'elle ne naquit » (1).

Chez les meilleurs théologiens, les narrations des. apocryphes trouvèrent toujours le même discrédit. Nous pourrions accumuler de multiples citations. Nous n’en donnerons qu'une seule dont le lecteur intelligent ne peut méconnaître la singulière importance. Le pape Benoît XIV, dans son traité De Feslis où il parle de la Nativité de Marie, dit entre autres choses : « peut-être s’étonnera-t-on que nous ne donnions aucun détail sur la naissance de la bienheu-

tiunt, quis pater vel quæ mater B. Mariæ fuerit studio superfluæ curiositatis inquirunt. Sed aliquis lector, minus inutilîter quoerit, quod Evangelista narrare superfluum duxit. Si enim huic notitiæ utilitatem esse cognosceret, nequaquam nobilis historicus, rem necessario silentio proeteriret. »

1, Illud conjicio ajud me, nativitatem ejus (Mariæ) magna quodam atque miranda divinorum signorum indicio precurrisse. Quoe tamen illa fuerint, solus ipse sine scrupulo novit, qui eam, anfequam nasceretur, in matrem elegit ». (De excell. Virginis, cap. 11). i

reuse Vierge ; mais puisque le texte sacré garde le silence nous avons cru meilleur de nous taire sur ce qui est incertain ; car tout ce que d’autres ont dit à ce sujet, ils l’ont puisé à la source trouble des apocryphes, par exemple, du protoévangile attribué faussement à saint Jacques. » Et Benoît XIV continue l’énumération de ces sources {roubles des apocryphes et conclut: « Nous aimons beaucoup ce qu'écrit Anselme (en réalité c’est Eadmer) au chap. II. De excellentia Virginis : Ilud apud me conjicio, etc » (1).

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