‹ Marie dans le dogme catholiqueChapitre 29 sur 92 · Op. cit., He.,.12, pr · texte numérisé non relu

Op. cit., He.,.12, pr

‘de quelques-unes ‘de ‘ses Connaissances s’en revenant des fêtes pascales. L'hypothèse, s'appuyant sur la coïncidence du voyagé de Marie avec le temps pascal, ne manque pas comme on le voit; de valeur. Mais même en ce cas, le fait que saint Luc ne dit rien de Marie assistant à la Pâque, donnerait à penser. L'impression laissée par l'Evangile est que Marie partit de Nazareth dans le seul but d’aller voir sainte Elisabeth, ce qui est opposé à la coïncidence avec le temps pascal. |

HI! La rencontre : pourquoi Marie rencontra-t-

«elle Elisabeth et non Zacharie ; Jean et Elisa- ‘beth reçoivent l'Esprit-Saint par la présence de Marie ; salut d'Elisabeth.

‘Quoiqu'il en soït, Marie arriva enfin au terme dé son voyage sans incidentnotable, — tel du moins que l’Evangéliste ait cru devoir en tenir compte.

À peine entrée dans la maison de Zacharie, elle salua Elisabeth. Zacharie ‘ne se rentonre pas tout de suite avec Marié, et cela peut-être à cause de ce mutisme et de cette surdité dont il'souffrait par suite de son peu de foi aux paroles de l’Ange. Dr Evangile, dit, en effet, expressément qu'il devint muet. Quant aù fait de la surdité, on peut le déduire de ce qui arriva ‘lors de la naîssance de Jean- Baptiste. Saint Luc dit que les parents accourus pour le joyeux évènement lui « demandèrent par signes — innuebant » le nom qu'il voulait donner à l’enfant (Luc., c. 1, 62). Pourquoi lui aurait-on

parlé par signes, si ce n’est parce qu'il ne pouvait pas entendre? D’après cela on comprend qu'il menât une ‘vie retirée et qu’il évitât de récevoir des visites.

Dieu se servit dé cette circonstance, naturelle en

i, pour ses fins surnaturelles. Dans les desseins ae là Providence, la visite de Marie devait servir à mettre le Rédempteur en présence du Précurseur. Les premières grâces devaient être après l’Incarnation, pour celui qui devait en préparer les voies ; c'ést pourquoi Marie devait tout d’abord, se rencontrer avec Elisabeth. Elle n’était pas seule, elle portait en elle le plus grand des Prophètes, celui qui devait annoncer le Messie, non dans des temps à venir, mais dans le temps présent. Aussi le premier qui reconnut le Messie, même avant sa naissance, fut-il précisément son Précurseur.

‘Marie, fidèle à son programme d’humilité, à peine eut-elle'vu Elisabeth, — il est à supposer qu’elle la connaissait sans doute déjà, — la salua la première. Cet acte d’humilité eut son triomphe, ce fut le moyen par lequel la grâce se répandit avec abondance sur Jean-Baptiste. Il tressaillit, il bondit dans le sein de sa mère. Nous avons déjà dit que ce tressaillement fut un acte de raison, au moins momentanée, un témoignage de reconnaissance envers l’Esprit-Saint qu'il recevait avec plénitudé, suivant la prédiction de l’Ange : « Il sera templi du Saint-Esprit, dès le sein de sa mère. » (Luc., 1, 15). Et Jean le recevait par le moyen de Marie saluant sa mère. Par le fils, la gràce se répan-

dit à nee sur la mère, « Et Elisabeth, dit lb Evando fut remplie du Saint-Esprit. » Alors la mère, du Précurseur se sentit ravie en extase ; une lumière divine lui révéla les mystères qui venaient de s’accomplir en sa jeune parente. L’étonnement, la stupeur, la reconnaissance ;s’emparent de son âme ; elle déborde, de sentiments extraordinaires ; ‘une puissance mystérieuse l’oblige. à les manifester au dehors ; elle ne peut plus les contenir, il faut parler; et elle parle avec force, appelant presque toutes les choses présentes à partager, ce qu'elle éprouve elleméme réa elle s’écria à haule voix, »

Elle proclame la grandeur de Marie, elle la dit bienheureuse entre toutes les femmes, et béni le fruit qu’elle porte en son sein. Elle salue en elle la Mère de Dieu et ne trouve pas de paroles assez expressives pour protester de sa gratitude pour une visite aussi pleine d’honneur, Elle reconnaît les grâces données à son fils et magnifie la foi de Marie. Le langage d’Elisabeth. a des points d'évidente identité avec celui de l’Ange, et prouve qu'elle parlait par inspiration divine. |

Marie fut émue de tout ce que lui disait Elisabeth. Peut-être avait-elle l’intention de tenir cachés les bienfaits divins. Sùrement qu’elle n’en avait rien dit à Joseph, son époux, et cela autorise à supposer qu'elle en aurait fait autant avec sa vieille parente. Elle était venue la voir, non pour en recevoir des louanges, mais pour l'aider. Elle avait cru pouvoir garder son secret dans le plus strict incognito

Maintenint l’incognito est découvert, maintenant il n ‘est plus possible de se taire, de tergiverser. Dieu! méme s'est chargé de faire connaître les merveilles’ ‘Marie

qu'il a opérées en elle : ‘il né reste plus à que d’ accepter cette divulgation de : gloire, et c est ce qu' elle fait de la! manière la plus belle qu’on puisse imaginer: "Elle né! répond pas diréctément à Élisabeth : mais elle entonne le’ Magnificat, ce can-’ tique le plus sublime du: Nouveau Testament, semblable à à un éclair qui nous fait un ‘instant aulico l’à âme admirable de Marie.

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