‹ Marie dans le dogme catholiqueChapitre 4 sur 92 · BUT ., MARIE DANS LE DOGME · texte numérisé non relu

BUT ., MARIE DANS LE DOGME

Maria desponsata sibi uxore proegnante (1).Le ton de cette phrase nous fait comprendre assez clairement, que Marie alla à Bethléhem, non pas simplement pour accompagner saint Joseph, mais pour être recensée elle aussi à Bethléhem. Ce qui veut dire qu'elle était, non moins que Joseph, descendante de David.

Des théologiens et des exégètes de marque, pour démontrer que Marie appartenait à la famille de David, emploient deux autres arguments, dont la valeur toutefois n’est pas universellement reconnue, est même sérieusement combattue par des auteurs de non moindre critique et de non moindre doctrine.

Le premier argument se tire du lien conjugal que Marie eut avec Joseph. La loi hébraïque, ainsi raisonnent certains, ordonnait aux filles héritières de n'épouser qu'un homme de leur tribu, cela ressort évidemment du cas des cinq filles de Salphaad, pour lesquelles la loi fut faite. Marie se trouvait dans ces mêmes conditions. Elle devait donc appartenir à la tribu de son époux Joseph, qui était de la famille de David — de domo David.

Mais d’autres répondent, en contestant l’obligation absolue de cette loi juive. Après l’esclavage de Babylone, la distinction nette entre les tribus ne fut plus possible. Elle ne s’observait certainement plus pour le territoire. Aussi trouvons-nous Joseph qui

x. Luc., c. 11, 4 et suiv,

était de la tribu de Juda, demeurant dans la tribu de Zabulon. Et de même qu’il y avait une grande liberté pour le choix du territoire, cette même liberté existait pour les unions conjugales. Il resterait toujours à démontrer que Marie fut vraiment l’héritière de sa famille : si on peut le croire probable, on ne pourra jamais, faute de document, le démontrer d’une façon absolue.

Un autre argument, qui nous semble beaucoup plus faible, est celui tiré de la généalogie de Jésus en saint Luc. On sait que saint Matthieu, comme saint Luc, nous donne la généalogie du Sauveur. Or, contre la plus naturelle attente, ces deux listes ne sont pas identiques : on y découvre même au premier abord une grande différence. Et pourtant les ancêtres de Jésus sont les mêmes. Comment donc concilier une antinomie si marquée et si surprenante ?

Quelques-uns ont résolu la difficulté en la supprimant tout simplement. Ils ont dit : la divergence vient de ceci que Matthieu nous fait connaître les ancêtres de Jésus du côté de saint Joseph, et saint Luc du côté de Marie. Saint Luc commence la généalogie du Sauveur en ces termes : « Et ipse Jesus eral incipiens quasi annorum triginta ul pulabatur filius Joseph, qui fuit Heli, qui fuit Mathat. — Et Jésus commençait à avoir environ trente ans et on le croyait fils de Joseph, lequel ie fut d’Héli, lequel le fut de Mathat, etc. » (Luc., 111, 23). Or, disent certains interprétes, ces paroles qui le fut d’I{éli se rapportent

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