TO MARIE DANS LE DOGME
non à Joseph mais à Jésus. Le sens du passage cité de saint Luc serait donc : « Jésus, selon l’opinion publique, était cru fils de Joseph, mais en réalité il était fils d’Héli, lequel était à son tour fils de Mathat, etc. Héli serait le père de Marie, le grandpère de Jésus, et ainsi nous aurions en saint Luc la preuve évidente que Marie descendait de David par Nathan, alors que Joseph en descendait par Salomon comme il est rappelé en saint Matthieu. Mais contre celte interprétation combattent deux arguments d’une gravité exceplionnelle: a) d’abord, la tradition lui est contraire. Saint Hilaire rapporte cette interprétation, mais c'est pour la combattre. (Maï, Nov. Bibl. Patr. t, 1, p. 477). Le moyen âge, comme d’ailleurs les siècles qui l’ont précédé, l’ignore totalement. Selon le Père Patrizi elle commenca de paraître vers la fin du xv° siècle sous le patronage d’Annius de Viterbe, et ne réussit qu'au xvi° siècle à avoir des partisans. Or, il semble qu'une solution aussi simple et aussi radicale, n’eut point échappé à l’acuité de l’exégèse patristique, si elle avait quelque fondement sérieux. b) Surtout on ne peut accepter cette opinion parce que l’interprétation donnée à saint Luc et qui lui sert d'unique fondement, est trop contournée, recherchée, trop en antithèse avec le sens obvi des paroles de saint Luc ; pour accepter que « Fils d’Héli » se rapporte, non à Joseph mais à Jésus, il faut un ordre énergique de la volonté, et dans le cas il ne nous paraît point utile. Nous affirmons donc que Matthieu et
Luc dans leur liste généalogique parlent des ancétres du seul Joseph. La concilialion de leur diversité apparente n’est point si difficile qu’il paraît è première vue : on l’obtient facilement en recourant à la loi du lévirat. Mais le lecteur comprend que nous n'avons pas à mettre en évidence une telle conciliation. Ce que nous avons dit est pour nous convaincre, que dans la démonstration de la descendance davidique de Marie, nous ne pouvons nous servir de la généalogie qui se trouve dans le deuxième évangile.