‹ Marie dans le dogme catholiqueChapitre 41 sur 92 · LALA · texte numérisé non relu

LALA

Marie, c’était la crainte continuelle de se voir découverts dans leur fuite, et d’être d’un moment à l’autre rejoints par les soldats d’un roi puissant, cruel, implacable, Qu'ils dussent enfin arriver en Egypte, ils en étaient sûrs, puisque l’Ange le leur avait dit : mais le messager divin ne leur avait pas indiqué les douloureuses vicissitudes qu'ils devraient traverser pour arriver au terme de leur voyage. Et d’autre part, aux oreilles de Marie résonnaient toujours, dans leur terrible rudesse, les paroles de Siméon : un glaive transpercera votre âme ! Ah ! certainement qu’il n’est point difficile, même si l’on est étranger aux sentiments d’une mère qui fuit pour sauver son enfant, de comprendre qu'ils durent, surtout à Marie, paraître longs, épouvantablement longs, interminables, ces lugubres jours du voyage en Egypte. Mais dans cette lourde épreuve, la foi de Marie ne chancela pas ; la Vierge exprima son total abandon dans un admirable acte de résignation à la volonté de Dieu.

La légende a crù et a fleuri assez luxuriante, sur les pas de la Sainte Famille fugitive et sur son séjour en Egypte. Mais tous ces détails émotionnants, aujourd'hui encore sur les lèvres et dans le cœur du peuple fidèle, ne sont garantis par aucun document historique. Comme à l'ordinaire nous nous trouvons ici en face des produits poétiques d’imaginations avides de savoir tout ce qui peut se rapporter à notre Mère du ciel. Ce qu’on doit retenir comme assuré, c'est que la Sainte Famille en Egypte

ne fut pas dans la misère, comme il pourrait sembler à première vue. Elle ne se trouvait point complètement parmi des étrangers, car très nombreux étaient les Hébreux qui habitaient dans cette terre. Philon, contemporain de Jésus, nous assure qu’en ce temps-là il y avait en Egypte plus d’un million d’Hébreux habitant surtout le delta. Etant si nombreux, ils éprouvèrent le besoin de construire un temple spécial à Léontopolis. Il est à croire que Joseph, après un certain temps de son séjour en Egypte, ait fait parmi cette multitude d’Hébreux, des connaissances qui durent lui être d’un grand secours pour lui procurer le travail nécessaire au soutien de Marie et de Jésus. C’est là l'ordinaire conduite de la Providence avec ses élus : unir le réconfort à l’épreuve. Elle les afflige parce qu’elle les aime, mais cependant sans jamais les réduire à désespérer.

Combien cet exil dura-t-il, nous ne le savons pas exactement. Ce que nous savons c’est que le retour s’effectua aussitôt après la mort d’Hérode. « Hérode étant mort, écrit saint Matthieu, voilà qu’un ange du Seigneur apparut en Egypte à Joseph pendant son sommeil, et lui dit : Lève-toi, prends l'enfant et sa mère, et va dans la terre d'Israël, car ils sont morts ceux qui en voulaient à la vie de l'enfant. Joseph, s'étant levé, prit l'enfant et sa mère, et vint dans la ferre d'Israël. Mais, ayant appris qu’Archélaüs régnait en Judée à la place d’Hérode son père, il craignit d’y aller, et, averti pendant son som-

meil, il se retira dans la Galilée. Et il alla demeurer dans une ville appelée Nazareth, afin que fut accompli ce qui avait été dit par les Prophètes : à sera appelé Nazaréen. » (Matth. 11, 19).

Dans toutes ces circonstances, Marie se laissait docilement guider par Joseph, car elle vénérait en lui le chef de la Sainte Famille, l'intermédiaire auguste des divines communications.

VIII. La vie humble et cachée de Joseph et de Marie à Nazareth; caractère général de leur vie ; les sentiments religieux de Marie ; Jésus perdu au temple ; ce fut sans aucune faute de la part de Marie; trois jours de grande angoisse pour Joseph et surtout pour Marie ; la réponse de Jésus à Marie, abus qu’en fontles incroyants ; un scrupule de quelques exégètes catholiques : un nouvel acte d’humilité de Marie; extension de ses connaissances. — Jésus obéissant à Marie et à Joseph. — Marie à l'école de Jésus.

Le reste de ses années, jusqu’à ce que Jésus commencàt son ministère public, Marie les passa à l’ombre de sa modeste habitation de Nazareth. Joseph fut son compagnon fidèle, son chef vénéré pendant cette période ; mais comme nous l’avons déjà noté, Joseph avait déjà terminé sa carrière mortelle, quand Jésus atteignit l’âge de 30 ans et commença la prédication de l'Evangile.

On a vite dit le genre de vie de la Sainte Famille à Nazareth ; c'était la vie d’une famille ouvrière,

aimant le travail, pleine d’amabilité pour tous,

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