MARIE DANS IE DOGME
ayant horreur de tout esprit mondain, et respirant le parfum d’une singulière religiosité. Ce qui uniquement différenciait la Sainte Famille des autres était : une singulière distinction de traits dans ses membres, distinction qui n’était pas le fruit de l’art mondain, mais le reflet d’une éminente bonté de cœur; une paix inaltérable qui constituait le plus bel ornement du saint foyer domestique ; une promptitude à secourir, par le conseil et l’œuvre, les indigents ; une ponctualité exemplaire à
accomplir tout ce qui regardait le culte du Sei-
gneur. Mais du reste, personne ne put jamais pénétrer les profonds mystères qui habitaient et se développaient entre les murs de la très modeste demeure de Joseph. La modestie, l’humilité, le souci continucl de ne pas paraître singuliers, étaient pour Joseph et Marie, le moyen sùr d’accomplir leur mission : tenir dans l’ombre, jusqu’au temps fixé, le Dieu de la majesté et de la gloire. Joseph n’était pas seul à travailler : Marie elle aussi s’occupait avec assiduité des travaux propres aux femmes. À elle incombait le soin des affaires domestiques; il est à supposer que le temps qui lui restait, elle l’employait ou à aider les autres femmes plus chargées de besogne qu'elle, ou à assister les malades besogneux de la petite ville, ou, comme l'affirment de graves auteurs ecclésiastiques, à filer ou à tisser, ce qui servait à augmenter le bien être de la famille, ou à faire œuvre de charité. Financièrement la Sainte Famille n'était pas riche, mais il ne faut pas
supposer qu'elle se trouvait dans l’indigence. Le travail continu de Joseph, aidé plus tard par Jésus, l’habileté de Marie à tout diriger avec économie, permettaient, sinon defaire de grosses économies, au moins de jouir de ce bien être qui se rencontre communément dans la maison des ouvriers actifs. Telest le caractère général de la vie de Marie à Nazareth. Quand aux détails, l'Evangile ne nous en manifeste que trois, se rapportant, l'un, à la vie religieuse de Joseph et de Marie, l’autre, à la douleur qu'ils éprouvèrent d’avoir perdu Jésus pendant les trois jours, et le troisième, aux relations de Jésus avec ses parents.
De fait, saint Luc nous dit que Joseph et Marie allaient tous les ans à Jérusalem pour célébrer la Pâque . « Et ses parents (de Jésus) allaient chaque année à Jérusalem pour la solennité de Pàque. » (Luc., 11, 41). A la vérité la loi mosaïque n’obligeait que les hommes à cette observance. (Exode xxur, 27). Les femmes qui s’y soumettaient le faisaient par piété. Et ainsi l’'Evangéliste jette un rayon de lumière sur la piété de Marie, en nous disantqu'’elle aussi faisait chaque année ce pieux pélerinage à Jérusalem. Il est à supposer que, lorsque Jésus était enccre en bas âge, ils ne le prenaient pas avec eux pour ne pas compliquer les difficultés du voyage et par crainte aussi d’Archélatis, mais le laissaient en garde à quelque famille parente, en qui ils avaient pleine confiance.
A peine Jésus fut-il en âge de pouvoir résister
PE
demeura à Jérusalem pour s'occuper des choses de son Père céleste, pour illuminer les docteurs de la loi sur les vérités révélées, et, nous pouvons le croire, sur le prochain accomplissement de la Rédemption.
Les trois jours durant lesquels ils le cherchèrent en vain furent des jours de désolation et d’indicible angoisse pour Joseph et surtout pour Marie. En général, une mère qui perdrait son fils de cette manière, aurait le coeur brisé. Mais Marie tout particulièrement devait ressentir d’une façon aigüe ce douloureux incident, car une mère n’aima jamais son fils comme Marie aima Jésus. Elle savait à coup sûr qu'il était Dieu, mais cela ne servait à rien pour diminuer son angoisse, car elle savait aussi qu'il avait pris toutes nos humaines faiblesses, et elle était convaincue, pour l’avoir vu vivre pendant douze ans, qu’à lui, comme aux autres enfants ordinaires, pouvaient arriver de sinistres aventures. Du reste, les prédictions menagantes de Siméon, d’autant plus épouvantables qu'elles étaient moins précises, ne résonnaient-elles pas continuellement dans son esprit ! La douleur, par suite, qui envahit le cœur de Marie, dût être quelque chose d’extrèmement angoissant. Et l'âme douloureuse de Marie se manifeste dans les paroles qu’elle adresse à Jésus, quand elle le revoit: « Ton père et moi te cherchions dans la douleur. » En ces trois jours Joseph et Marie ne prirent aucun repos, mais se mirent à rechercher Jésus avec toute leur activité et ajoutè-
rent aux efforts pour le retrouver la prière incessante au Père éternel, le suppliant de leur rendre son Fils.
La réponse donnée par Jésus au cri confiant que lui adresse sa mère, l’impression que cette réponse fit sur Joseph et Marie, ont fourni aux incrédules l’occasion d’attaquer la dignité de la Mère du Sauveur. Jésùs répondit : « Pourquoi me cherchiezvous ? Ne saviez-vous pas que je dois être aux choses de mon Père ; mais eux ne comprirent point cette parole qu'il leur disait. » Les rationalistes exultent devant ce passage évangélique, et se croient autorisés à conclure que Marie ne connaissait pas la véritable nature de Jésus, qu'elle ne savait donc pas qu il était le Fils de Dieu; qu'elle n’était donc pas devenue sa mère en conservant la fleur de sa virginité. En somme et pour un peu, les rationalistes trouveraient dans ces deux versets de saint Luc, l’arme formidable pour détruire tout le surnaturel ! Malheureusement ce jeu de dialectique aux prétentions solennelles et imposantes, n’est que puéril et inconsistant. Nous l'avons montré, et le lecteur s’en souviendra peut-être, en parlant de la virginité de Marie.
Cherchons plutôt à dissiper la crainte de certains exégètes catholiques, qui ne peuvent se résigner à l’idée que Marie n'ait point compris la réponse de Jésus. Ce manque de compréhension de la part de Marie heurtant terriblement le sentiment de profond respect qu'ils ont pour elle, ils se sont effrayés
Dans l’humble et tranquille habitation de Nazareth, Marie éprouva l’ineffable consolation de voir l'enfant « grandiretse fortifier, plein de sagesse ; etla grâce de Dieu étaiten lui. » (Lc. ur. 40). Quant à elle, son cœur s’enflammait d'un amour toujours plus ardent pour le Dieu fait homme. Cette contemplation continuelle de Jésus était pour elle le charme le plus puissant pour l’unir toujours plus étroitement à Dieu. De Jésus, elle méditait toute parole, elle considérait toute action, ne laissait perdre aucune leçon d’humilité, d’incroyable abaissement, d’incessant sacrifice, de ces vertus qui forment la trame de sa vie privée et cachée. Marie pratiqua, elle aussi, à Nazareth, l'humilité et le renoncement, à un degré héroïque. Pendant qu'elle était l’objet des célestes complaisances, elle travaillait chaque jour à se cacher davantage aux yeux des hommes !
C’est ainsi qu'elle devint le modèle de ceux qui veulent avoir l'esprit de Jésus.
La vie intérieure de Marie, faite d'amour pour Jésus, d'amour ardent et en même temps désintéressé, délaché des consolations qui en étaient la conséquence, d’un amour prèt à donner Jésus au Père éternel, s’il le réclamait, cette vie intérieure était l’àme qui vivifiait toutes les occupations de
bus, Deus inquam, cui angeli subditi sunt, cui principatus et potestates obediunt, subditus erat Mari, nec tantum. Marie, sed etiam Joseph propter Mariam. Mirare ergo utrumilibet et elige quid amplius mireris sive filii benignissimam dignationem, sive parentum excellentissimam dignitatem ». {Homil,I super Missus est).
SO ME LUS CAI n Boi MN I a der WA | b Ù 6 - Ilia y 1
Marie, et donnait à tous ses actes, bien que vulgaires et ordinaires de leur nature, un prix inestimable. L’ardent amour de Marie pour Jésus trans- formait en mérites surnaturels toutes ses pensées, . ses imaginations, ses actes. Et pourtant peu nombreux élaient ceux qui à Nazareth connaissaient Marie. Plus tard les Nazaréens diront en parlant de Jésus : « Eh quoi ! Sa mère ne s’appelle-t-ellepas Marie ? » (Matt. xx, 55).
C’est le plus beau témoignage qu’on puisse désirer sur la vie retirée de Marie, laquelle ne chercha jamais l’approbation extérieure, mais se consacra. toute à l'amour, au service, à l’imitation de Jésus. dont elle fut le disciple le plus illustre.
Dans l’humble et tranquille habitation de Nazareth, Marie éprouva l'ineffable consolation de voir l'enfant « grandiretse fortifier, plein de sagesse ; etla grâce de Dieu étaiten lui. » (Lc. 1. 40). Quant à elle, son cœur s'enflammait d'un amour toujours plus ardent pour le Dieu fait homme. Cette contemplation continuelle de Jésus était pour elle le charme le plus puissant pour l’unir toujours plus étroitement à Dieu. De Jésus, elle méditait toute parole, elle considérait toute action, ne laissait perdre aucune leçon d'humilité, d'incroyable abaissement, d’incessant sacrifice, de ces vertus qui forment la trame de sa vie privée et cachée. Marie pratiqua, elle aussi, à Nazareth, l'humilité et le renoncement, à un degré héroïque. Pendant qu’elle était l’objet des célestes complaisances, elle travaillait chaque jour à se cacher davantage aux yeux des hommes !
C’est ainsi qu'elle devint le modèle de ceux qui veulent avoir l'esprit de Jésus.
La vie intérieure de Marie, faite d'amour pour Jésus, d'amour ardent et en même temps désintéressé, détaché des consolations qui en étaient la conséquence, d’un amour prêt à donner Jésus au Père éternel, s’il le réclamait, cette vie intérieure était l’âme qui vivifiait toutes les occupations de
bus, Deus inquam, cui angeli subditi sunt, cui principatus et potestates obediunt, subditus erat Maria, nec tantum Mariæ, sed etiam Joseph propter Mariam. Mirare ergo utrumilibet et elige quid amplius mireris sive filii benignissimam dignationem, sive parentum excellentissimam dignitatem ». (Homil.I super Missus est).
PIERA
Marie, et donnait à tous ses actes, bien que vulgaires et ordinaires de leur nature, un prix inestimable. L’ardent amour de Marie pour Jésus trans- formait en mérites surnaturels toutes ses pensées, . ses imaginations, ses actes. Et pourtant peu nombreux élaient ceux qui à Nazareth connaissaient Marie. Plus tard les Nazaréens diront en parlant de Jésus : « Eh quoi ! Sa mère ne s’appelle-t-ellepas Marie ? » (Matt. xur, 55).
C’est le plus beau témoignage qu’on puisse désirer sur la vie retirée de Marie, laquelle ne chercha: jamais l’approbation extérieure, mais se consacra. toute à l'amour, au service, à l’imitation de Jésus. dont elle fut le disciple le plus illustre.
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