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II. Les parents de Marie : leur sainteté et leur culte

Pleinement informés sur la tribu et la descendance de Marie par l’Evangile, nous ne savons rien sur ses parents, nous ne connaissons d’après l’Ecriture même pas leurs noms. Il ne nous est cependant pas difficile de croire qu’ils étaient des personnes très saintes, ornées de dons célestes choisis, fidèles observateurs de la loi et de la pratique des vertus intérieures, lesquelles, bien que non imposées par la lettre de la loi, étaient cependant conformes à son esprit. Saint Jean Damascène a dit, en parlant d'eux : « Omnium virtutum genere florebant — ils étaient ornés de toutes les vertus » ; et en cela, le grand docteur oriental n'avait point tort. Le fait que Dieu leur avait ‘confié la mission de mettre au monde la Mère de Dieu et de faire son éducation, est un argument plus que suffisant à qui connait la

logique des choses célestes, pour affirmer en toute certitude qu'ils possédaient la confiance du Très- Haut, ce qui ne saurait exister sans être accompagné d’une foule de grâces merveilleuses. Dieu donne toujours des grâces proportionnées à la grandeur de la mission qu’il confie. Qu’on ajoute à cela, que par Marie ses parents étaient rentrés dans la plus intime parenté avec Dieu même : Marie fut la Mère de Dieu, eux en furent les heureux ancêtres. Le sang béni de Jésus, ce sang qu'il versa pour notre rachat, fut d’abord, dans la mesure qu'on sait, le sang des parents de Marie, le sang de Joachim et d'Anne. Ils se trouvèrent donc très proches de Marie et de Jésus, c’est-à-dire du canal et de la source de la grâce. Ils devaient donc y participer largement. L'Eglise, avec sa liturgie, a pratiquement sanctionné la justesse de ces déductions. De fait, elle accorde à Joachim comme à Anne les honneurs des autels. La fête de la mère de Marie est beaucoup plus ancienne que celle de son père. Procope, dans le livre De adificiis, relate que Justinien I° fit construire une belle église à Constantinople en l’honneur de sainte Anne vers l’an 550. Une autre église, à Constantinople encore en l’honneur de la même sainte, aurait été construite par Justinien II vers l’an 705, après une apparition de la sainte, dont le corps, vers cette époque, eut été transféré à Constantinople. Sa tête aurait été transportée vers 1200, par Louis comte de Blois, dans l’église Notre-Dame de Chartres. L'Eglise grecque célèbre le 4 septem-

bre la fête de saint Joachim et de saint Anne ; au 9 du méme mois elle féte la conception de cette dernière, et le 25 juillet sa mort. Et ces fêtes sont de date très ancienne (1).

Quant à l’église latine, il appert de la célèbre lettre de saint Bernard aux chanoines de Lyon à propos de l’Immaculée Conception, qu’alors on ne célébrait point encore la féte des parents de Marie. Cette féte se trouve au contraire généralement célébrée au xn° siècle. Toutefois S. Pie V ne l’accepta point dans le bréviaire romain; elle y fut introduite par Grégoire XV, en 1622, lequel en étendit l’office à toute l’église latine (2).

III. Les particularités de leur vie connues seulement à travers les légendes des apocryphes.

Quant aux détails qui se racontent communé-

ment sur la vie des parents de Marie, ils sont tirés

tous de livres apocryphes. Parmi ces livres, sont célèbres : un écrit sur les traditions juives, rappelé par saint Epiphane dans son livre des hérésies

(L. 78 et 79); le prolo-évangile de saint Jacques

apôtre qui fut composé au début du n° siècle ; le

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