V. Marie, docteur des Evangélistes et des Apòtres
On dit communément que Marie fut le docteur, le guide des Apòtres et des Evangélistes ; et cette affirmation ne saurait être sérieusement contestée: car tout nous porte à croire qu’elle a eu, sur eux, cette influence. Dans les Evangiles, il y a des informations qui ne peuvent venir que de Marie. Par exemple, tout ce qui regarde la vie privée de Jésus, l'Evangile de l'enfance, ne fut connu que par la Mère de Jésus, qui prit à ces événements une part nécessaire. Elle seule pouvait faire connaître certains détails du récit. Et saint Luc, discrétement mais assez clairement tout de même, nous fait comprendre que Marie fut la source de ces informations, quand il affirme et répète de Marie : el Marie conservail loules ces choses dans son cœur.
Saint Jean, lui, a des vues toutes particulières, s'élève à des hauteurs inouïes, emploie un langage plein d'enthousiasme, est vraiment le fils du lonnerre, non seulement parce qu'il fut le disciple bienaimé du Sauveur, mais encore parce qu'il put jouir pendant plusieurs années de l'intimité de la Vierge. Il se fit comme un trésor de la science sublime dont brillait l’esprit de Marie, surtout aux dernières années de sa vie. Et il nous semble voir en saint Jean une attestation de gratitude envers celle dont il avait recu tant de lumière, alors que seul il rappelle les noces de Cana, et la présence de la Vierge sur le Calvaire. La connaissance profonde
qu'il avait acquise des mystères de la Rédemption, lui avait révélé clairement le ròle de Marie dans l’économie de notre salut; aussi, dans son Evangile enregistre-t-il des faits omis par les autres évangélistes, et qui constituent le germe d’où devait sortir ensuite toute la théologie mariale. Marie, plus que tout autre, fut le docteur de Jean, à la fois son fils et son disciple. Sur lui elle reversait abondamment non seulement le torrent de son affection mais encore les splendeurs de sa science des choses célestes.
Et les apôtres durent même, en bien des circonstances, avoir besoin du conseil éclairé de Marie : car il n’est pas à croire que l’Esprit-Saint descendu sur eux à la Pentecôte, les aient une fois pour toutes, illuminés sur tous les cas possibles qu'ils devaient rencontrer. La profonde transformation qu’ils sentirent alors en eux, ne les dispensait pas, à l'occasion, de discuter, de prendre conseil pour le cas courant. Plus d’une fois les Actes des Apolres nous les montrent perplexes sur ce qu'ils doivent faire. Et, dans ces importantes délibérations, la communauté chrétienne avait aussi voix consultative. Il est naturel de penser qu’en ces cas, l’avis de Marie devait prévaloir sur tout autre: c'est le minumun qu’on puisse affirmer, alors qu'une simple réflexion faite à la lumière du sens catholique, nous persuade que tant qu’elle vécut, Marie dut être la conseillère, toujours consultée, des continuateurs de l’œuvre de Jésus. Ce qu'ils avaient vu à Cana, devaient les convaincre qu'il n’y avait pas de meilleure voie que Marie, pour
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aller à Jésus, découvrir ses sentiments, obtenir l’aide toute puissante de sa grâce. On ne saurait trouver d'autre raison pour expliquer la permanence de Marie sur cette terre, même après l’Ascension de Jésus, que l'immense besoin qu'avait d’elle l'Eglise naissante. Cette Eglise, n’était que la continuation, le prolongement de la personnalité du Christ, son corps mystique. La Providence agissait donc, en poursuivant fidèlement ses desseins, lorsqu’elle confiait aux soins de Marie, l’église naissante, comme ellelui avait déjà confié le soin de l’enfant Jésus. Elle n’avait pas, répétons le, le pouvoir de juridiction, car elle était au-dessus de l’ordre hiérarchique; mais toute l’Eglise, apôtres et simples fidèles, était confiée à ses très efficaces soins maternels. Tant qu'ils avaient Marie avec eux, les premiers fidèles se senfaient assurés de l'assistance et de la protection de son Fils. La présence de Marie, qui pouvait les informer de tant de choses, qui pouvait mettre toujours en plus grande lumière les sentiments de Jésus qu'elle connaissait si bien, était comme un des grands motifs de crédibilité, était un des gages les plus éloquents de la bonté de Dieu, envers l'humanité rachetée.