‹ Marie dans le dogme catholiqueChapitre 8 sur 92 · Cf. Serry, exercil. xxm, p · texte numérisé non relu

Cf. Serry, exercil. xxm, p

rapportent à ce propos une anecdole, qui marque le comble des tristesses d'Anne et de Joachim, mais qui d'autre part hàta en leur faveur les divines miséricordes. Un jour, alors qu'ils se présentaient au temple pour faire leur offrande, le prêtre ne voulut point la recevoir, mais il les renvoya avec des paroles amères. Joachim l’âme en proie à la douleur, laissa alors Jérusalem, se retira dans ses possessions de campagne, parmi ceux qui dépendaient de lui et gardaient ses troupeaux, afin de trouver un réconfort dans la solitude et la prière. Anne restée à Jérusalem, vit s'ajouter à la tristesse de sa stérilité, la tristesse d’être séparée de son mari: double affliction pour elle. Elle demanda alors elle aussi à la prière ses consolations, et s'étant fait construire une petite cellule dans son jardin, elle y passait la plus grande partie du jour, suppliant le Seigneur d’avoir pitié d’elle et de rallumer, en lui donnant un enfant, la flamme éteinte du foyer domestique. Le gémissement de ces deux saints époux arriva jusqu’au trône du Très-Haut, lequel mù de compassion, leur envoya un ange. Le divin messager leur portait la joyeuse nouvelle qu'ils auraient une fille, dont il leur dévoila même les futurs mystères grandioses. Heureux de cette nouvelle, Joachim retourna de suite à Jérusalem pour reprendre la vie commune avec son épouse ; celle-ci, avertie déjà de son prochain retour, alla l’attendre à la porte orientale, où ils se donnèrent l’embrassement et le baiser de la réunion, et joyeux, se firent part des

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nouvelles recues du ciel. Les promesses célestes s’accomplirent pleinement au temps voulu, et ainsi dans la famille de Joachim succéda à la longue tristesse causée par la stérilité d’Anne, le saint transport causé par la certitude de posséder celle qui était destinée à être la co-rédemptrice du genre humain.

Très diverses sont les opinions des apocryphes sur la famille de sainte Anne. Certains la disent fille de Stolanus de la famille de David, et d’Emérentienne. Ces deux époux étaient de Bethléhem. Ils eurent deux filles ; Esmerie qui se maria avec Apranus de la famille d’Aaron, et Anne femme de Joachim. D’Esmerie seraient nés sainte Elisabeth femme de Zacharie et Eliud qui épousa une certaine Jeanne.

Selon une prétendue citation de saint Hippolyte, qui se trouve chez l’historien Nicéphore, Anne eut été fille de Nathan, prétre, et de Marie : elle aurait eu deux autres sceurs, Marie et Sobé ; Anne eut été la plus jeune, Sobé eut été la mère d’Elisabeth. Enfin saint Germain de Constantinople fait parler Anne à Zacharie en ces termes : « Je suis Anne, au nom aimable, née de la race sacerdotale, de la tribu d’Aaron, d’une souche prophétique et royale. Je suis un rameau de David, de Salomon et de leurs

descendants. Je suis parente de ta femme Elisabeth » (1).

1, Cfr. de Castro, Historia Deiparæ, c. 1,n 12.

IV. Accueil divers fait aux narrationsapocryphes, en Orient et en Occident : jugement sévère de très graves auteurs.

L'accueil fait à ces narrations apocryphes fut très différent dans les deux églises, orientale et latine. Les orientaux ne se sentirent pas le besoin d’exercer sur elles un contrôle critique : ils lestrouvaient dans des livres qu'ils estimaient vénérables à cause de leur antiquité et n’en demandèrent point davantage : ils acceptèrent tout simplement toutes ces narrations. Et il est indéniable qu'elles s’infiltrèrent aussi dans les diverses liturgies grecques. Ce qui faisait écrire au très célèbre Serry cette protestation empreinte de réthorique: Ex impuris illis lacunis (les apocryphes) biberunt pleno pectore greci scriplores media ac posterioris œlalis, in colligendis fabellis, pro more gentis avidissimi iisdemque amplificandis studiosissimi. Germanus Constantlinopolitanus, Joaunnes Damascenus, Andreas Crelensis, Isidorus Thessalonicensis, Georgius Nicomediensis, Cedrenus, Nicephorus Callixtus : quos postremis eliam temporibus, latini non pauci inconsulla pielate sunt imitali : ne et ipsi in extollenda, ut putabant, Virgine Deipara, Grecis concedere viderentur. Cum tamen non egeal illa falsis honoribus, veris cumulata (1).

Chez les latins au contraire, si nous exceptons comme le dit très bien Serry, les traités ascétiques relativement récents, les légendes desapocryphes ren-

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