SCÈNE PREMIÈRE
LA DOUAIRIÈRE , MARIE
MARIE
Vous venez donc enfin, cédant a ma prière^
M'offiir et les conseils et Tappnî d\me mère;
De Londres , k ma voix , vous quittez le séjour»
A Gand , qui plus que moi be'nit votre retour ?
Vous allez protéger ma jeunesse timide ;
Contre mes oppresseurs vous serez mon e'gide :
Loin de vous dans les pleurs , je consumais mes jours t
LA DOUAIRIÈRE
De vos ennuis cruels interrompez le cours y Ma fille ; bannissez de stériles alarmes ; Cessez^ , il en est tems , de re'pandre des larmes. Je ne le sais que trop , mon époux , par sa naort j
'4 1\TÂRIE DE BOURGOGNE.
Nous laissa Pune et Pautre a la merci du sort. Si pour nous le destin n'offre plus d*espe'rance , Armons-nous toutes deux d'une noble constance ! Ce coup fatal m'^est-il moins douloureux qu'a vous ? S'il e'tait voire père , il e'tait mon e'poux.
MARIE
Rien ne peut m'arracher a ma douleur amère ;
Je sens plus que jamais que j'ai perdu mon père !....
LA DOUAIRIÈRE
Le pouvoir adoucit la rigueur du destin : Je suis votre sujette et vous re'gnez enfin !
MARIE
Le sceptre que je tiens est peu digne d'envie; Cette nation fière, aux troubles aguerrie, Parle toujours de droits et jamais de devoir : A regret on me laisse une ombre de pouvoir ; Les villes , les états , dans votre longue absence , N'ayant plus , de mon père , a craindre la puissance Ont su mettre a profit son funeste tre'pas. Princesse sans appui , saus tre'sors , sans soldats , Il fallut me soumettre a d'insolens caprices , Il fallut respecter jusqu'à leurs injustices. Oui , deux peuples rivaux , par des traite's secrets , Ont, pour mieux m'avilir, uni leurs inlérêts : L^opulent Zélaudais y Pindustrieux Baîave , Maîtres d'un élément que leur audace brave. Insolemment tous deux , levant leurs fronts ailiers , De mon triste abandon abusent les premiers.