‹ Marie de bourgogne, tragédie en cinq actesChapitre 29 sur 62 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

Les Précédens, MARIE, HUGONNET, RAVES- TAIN, dames, pages, etc.

MARIE, au Présiden t.

Sur de grands intérêts j'ai voulu vous entendre.

Avant (jue je soumette aux e'îats de la Flandre,

Les offres de la France et les vœux de Louis,

J'ai désiré^ seigneurs, demander vos avis.

Du peuple, je le sais, la volonté' puissante

Du conseil des e'tats me rendit dépendante ;

Mais, dans un intérêt qui ne touche que moi,

Je pouvais m'affranchir de cette dure loi j

Je ne sépare point mon intérêt du vôtre :

Je veux votre bonheur et n^'en connais point d'autre....

Tristan du fils du roi m'a proposé la main.

Pensez-vous que je doive accepter cet hymen ?

Parlez-moi sans détours; pesez , avec prudence,

Et mon consentement, qui m'attache la France,

Et mon refus m'ôtaat l'amitié de son roi.

Prononcez ! votre arrêt me servira de loi :

Oubliez qu'il s'agit du destin de ma vie ,

Et ne pensez enfin qu'au bien de la patrie.

Dès longtems Hugonnet a disposé mon cœur

A vous immoler tout, jusques a mon bonheur.

LE PRÉSIDENT

Ce noble dévoûment est loin de nous surprendre, Et le peuple, de vous, ne pouvait moins attendre.

A son bonheur toujours votre cœur s'attachant, Consulte son devoir et non pas son penchant.... Repoussons de Louis la funeste alliance ! La Belgique bientôt, vassale de la France, Verrait fermer ses ports, enlever ses vaisseaux, Di'truire ses remparts , piller ses arsenaux. Que pourrons nous alors opposer a ses armes ? En triompherons -nous par de honteuses larmes ? D^aiîleurs quel est ce fils ?.... un enfant e'nervé, Dans un obscur château, loin du monde , élevé'. Un enfant, dont le père e'touffa l'énergie , Pourrait-il être un chef digne de la patrie ? Il nous rappellerait ces princes indolents, Dont les vils favoris, despotes insolents, Piolongeaient a dessein la misérable enfance; 11 n^offre rien de grand , pas même en espérance I

DE BAENST

Le fils de Frédéric , le fier Maximilien ,

Sollicite Phonneur d'un si noble lien ;

Et Pappui de son père, intimidant la France,

Avec égalité maintiendrait la balance ;

11 nous protégerait !....

HUGONNET

Je plains un faible état Qu'on abaisse a subir un tel protectorat ! Entre deux chefs puissans PEurope divisée, A leur ambition est sans cesse exposée; Louis règne au midi, PEmpereur règne au nord; S^ils devenaient rivaux, quel serait notre sort ?

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