‹ Marie de bourgogne, tragédie en cinq actesChapitre 37 sur 62 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les précédens , RAVESTAIN.

■RAYESTAii^j agité.

Du peuple, chaque instant semble accroître T audace :

Dans son égarement déjà même il menace ;

Partout règne le trouble et la confusion :

On parle de complots , de conspiration j

On parle de malheurs , de crime , de vengeance....

Et j'ai même entendu le mot de déchéance !

Mais comptez sur mon bras.

MARIE

Le peuple est irrité ; Et connaissant Pexcès de sa férocité „

( à HugonneU ) Je crains pour vous, seigneur, quel qu'affreuse infortune; Un sinistre penser malgré-moi m'importune , Vainement je l'écarté , il m'obsède toujours , De la raison €n vain j'invoque le secours !

LA BOV AiRihTiB à Rauestain, Qui peut donc exciter cette étrange furie ?....

RAVESTAIN.

Chacun fuit mon aspect : de moi Pon se de'fie , Et le peuple exalté , qui veut des chefs nouveaux , Croit trouver , dans leur nombre , un remède a ses maux, Ces chefs me sont connus : Baradot ^ Touteville Répondent en secret leurs fureurs dans la ville ; Le féroce La Marck et ce fougueux Doyen ,

( S^ adressant à Hugonnet. ) Qui vous conteste ici le nom de citoyen ; De Baenst , le Président , et St.-Pol et De Grave , Voila ceux qui voudraient vous traiter en esclave ,

( à Marie, ) Madame ^ et voila ceux dont Pinjuste courroux

( à Hugonnet, ) Vous menace , seigneur , des plus terribles coups.

Hugonnet.

Des longtems je gémis de leur injuste haine ;

Ils ne se sont contraints si longtems qu'avec peine ,

Mais quelque soit enfin mon destin k venir ,

Ils pouiTont se venger et non pas me punir !

Si de mes envieux le pouvoir est immense ,

Je les méprise tous^, fort de mon innocence.

RAVESTAIN.

Si je voyais pour vous s'accroître le danger , Je saurais le combattre , ou bien le partager.

Page 1