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Heuri que date la colonisation véritable de cette partie de l’Amérique du nord. Én 1608, M. de Champlain fonda Québec, et bientôt, négligé sinon oublié de la métropole après l'attentat
qui priva la France du meilleur et du plus politique de ses rois, il sut cependant, à travers mille difhcultés et mille obsta-
cles, fonder définitivement cette Nouvelle-France que Louis XV, ce triste descendant de Henri IV ne saura que livrer aux Anglais par le honteux traité de 1763.
Mais dans cet intervalle d’un siècle et demi la vieille France avait su jeter, dans ce sol nouveau, de profondes racines, à tel point qu'aujourd'hui nul n’est plus Français en France que, au delà de l'Atlantique, les Français du Canada. C’est après un siècle entier de domination anglaise qu’un auteur de Québec, décrivant la défaite des Anglais devant cette ville en 17594 écrit les lignes suivantes :
« Ils (les Anglais) bombardaientla villedepuis deux semaines quand ils tentèrent de forcer les lignes françaises à Beauport, en attaquant l'aile gauche de l’armée de Montcalm. Six mille se déployèrent sur la plage, tandis que deux mille autres remontaient la rivière Montmorency pour la passer à gué et prendre à dos nos troupes. Mais les décharges des Canadiens furent si multipliées et si terribles que les ennemis, tourbillonnaut pêlemêle, furent heureux de profiter d’un orage pour se rembarquer en toute hâte. Dix pièces de canons en avaient fait taire cent dix-huit! »
Ces ennemis, qui sont-ils ? Les Anglais, les dominateurs déjà séculaires de la colonie. Nos troupes, sous la plume de lécrivain canadien, signifient l’armée française. Un point d'admiration est soigneusement placé à la fin de la phrase qui apprend
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