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au lecteur que dix canons de la Françe en ont réduit cent dinhuit de l'Angleterre au silence. Et cet écrivain quel est-il ? Un bomma publiç? Un stratégiste ? Ua citoyen considérable de la qapitele canadienne ? Pointi mais une humble religieuse, une modeste urauline écrivant, sans nom d'auteur, l’histoire de son couvent (1).
Voilà quels sont les sentiments de ce petit peuple canadien issu de notre sang, notre sang lui-même et qu’oublie peut-é/ ‘e trop sen ancianue mère-patrie,
Et çes sentiments où les a-t-il puisés ? Qui les lui conserve avec une inteusité si grande ? ;
La voix de la nature a sa paït sans doute dans les causes de ce phénomène remarquable. Elle serait insuffisante à l'expliquer seule,
Le sang anglais coulait encore pur de tout mélange dans les veines du fier Yankée, que déjà l’esprit de rivalité et d’antagonisme en avait fait l'adversaire ou l’ennemi de la vieille Albion, et l'origine ibérique des Etats de l'Amérique du Sud n’a pas sufñi pour empêcher le créole brésilien de s'affranchir de la dépendance du Portugal, les républiques espagnoles du joug de
”spagne.
u Canada la colonisation eut ses auxiliaires les plus puis- … 48 dans les ordis religieux d'hommes et de femmes. Ce sont des prêtres, des jésuites, des dlies de la Charité, des ursulines. qui ont entretenu et inculqué dans ces populations, avec la foi catholique l'amour de la France. Non-seulement le bienfait de
(1) Histoire des Ursulines de Québec, par une religieuse du couvent (Québec, 1864), citée par M. l'abbé Richaudeau, cire sa œ de la Révérende Mère Murie de l’incarnation.
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instruction et de l'éducation chrétiennes était distribué aux fils et aux files des colons ; mais il s’étendait avec une “oilicitude non moins grandes aux enfants des indigènes et, par eux, aux parents indigènes eux-mêmes. Si la colonie trouva dans la tribu des Iroquois un ennemi constamment implacable, l'influence toute de charité des ursulines sur les Hurons, les Aigonquins, les Abenaquiouais, etc., dont elles élevaient les.filles et instruisaient les femmes, fit presque toujours de ceux-ci des alliés, alliés souvent précieux de la popula..on française.
Ua intérêt particulier s'attache, sous ce point de vue, à l'histoire de la fondation d:: l’ordre des ursulines, au Canada. Cet ordre, dû à sainte Angèle Mérici (1535) et le rrernier dans l'Eglise qui ait été desiiné spécialement à l'éducation des jeunes filles, eut sur les efforts et les travaux de la colonisation une action qu’on ne saurait méconnaître. Que M. Henri Martin attribue à la présence de l'élément ecclésiastique et religieux les insuccès partiels inévitables dans une entreprise de cette ir portance (Histoire de France, t. x, p. 122) il n’y a lieu ni de s’en étonner ni de s'arrêter à une telle appréciation : elle est dans Ja logique de l'esprit anti-chrétien de l’auteur. La vérité est que toute colonisation offre de nombreuses difficultés ; mais l'on'ne voit pas que l'Algérie, où le sol et l'influence ont toujours été si parcimonieusement marchaudés à nos prêtres et à nos religieuses, ait beaucoup bénéficié des mosquées qu'on y a construites aux frais de l'Etat ou de l'indifférence, sinon de l'irréligion, affichée par un trop grand nombre de colons.
Les Français et les créoles canadiens de 1639 appréciaïent autrement le rôle de la religion chrétienne dans leur œuvre, et la réception solennelle et enihousiaste qu’ils firent à quelges
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humbles ff”. %e Vincent de Peul 2t de sainte Angèle, abordant au port de Québec, pourrait paraître surprenante en nos jours et sur notre continent, où la foi affaiblie des populations ne se prêterait plus à de tels témoignages.
Nous n'avons pas à parle- ici des admirables sœurs envoyées par saint Vincent de Paul. Nous nous occuperons seulement des filles moins connues de sainte Angèle et ae leur éminente supérieure. Marie Guyard, veuve de Claude-Joseph-Martin, et en religion Mère Marie de l’Incarnation (1).
(1) Cette appellation, qu’il ne faut pas confondre avec le nom religieux de l'illustre carmélite Acarie, est celle sous laquelle les informations canoniques prises dans !: but d’obtenir la béatification de la fondatrice des Ursulines du Canada ont été “nvoyÿées à Rome par Mgr Baillaryem, prédécesseur de l’archevêque uctuel de Québec.