‹ Marie-honnêteChapitre 13 sur 30 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

M- FOLIGNY, MÈLETOUT, MARIE.

Hon.joiir.

M"'^ FOLIGNY.

Bonjour.

MARîE.

Bonjour, ami.

Comment vous portez-vous, cousine Foligny? Vous ne nmigrissez pas.

M"' FOLlGNV.

Maigrir, et pourquoi faire?

M.VI'.iE.

Pour vous désennuyer.

M"" FOLIGNV.

Taisez-vous donc, ma chère, le iifamuse beaucoup.

MARIE

Eh bien! tant mieux pourvou^.

.le m'amuse aussi, moi, pour plaire à mon époux.

M'""^ FOLIGNV.

Vous avez bien changé! triste et mélancolique. Vous aviez autrefois l'air d'avoir la colique.

- MARIE

.le suis folle à présent du spectacle", du bal. Pour moi. IomIo j'jinnée c^l un loni: carnaval.

MARIE-HONNÊTE. là

Je vais chez les liaileurs, de Champagne à la glace. Je bois huit ou dix coups sans faire la grimace. De fiacre, d'omnibus , je ne me gène en rien, Je vais au Jardin-Turc . aux concerts de Julien. Par-dessus tout plaisir, je préfère la danse ; Oui. j'adore galop et valse et contredanse ; Je m'en donne ce soir... Comment nie trouvez-vous? Pour plaire et pour briller, j'ai mis tous mes bijoux. Et chrysocalque et slraz sur ma parure abonde. C'est du faux, direz-vous ! tout est faux dans le monde : Des femmes, les appas ; des hommes, les mollets. Ceux que l'on trouve beaux sont souvent les plus laids ; Articles de journaux et discours de tribune. Amoureux de vingt ans , habitans de la lune . Chemin de fer, vapeur, Tonnel... je m'étourdis, Et ne sais vraiment plus du tout ce que je dis.

MÊLETOUT.

Si j'y comprends un mot, que le diable m'emporte.

M""" FOLIGNY.

On tient à Charenton, des discours de la sorte.

MÊLETOUT.

Ah I voilà son mari!

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