ACTE V, SCEiNE II
SOPHIE, retirant vivement sa main.
Vous vous alarmez à tort... {/ivec contrainte.) Quels chagrins pourraient encore m'altrisier? ne m'avez- vous pas rendue la plus heureuse des nnères?... Seulement, vous le savez, j'ai tant souffert que mon esprit et mon cœur ne s'habituent que lentement à la pensée d'une vie meilleure... l'avenir ne m'apparaîl plus calme et riant comme autrefois, et l'approche de ce moment solennel éveille, dans mon âme , je ne sais quels tristes pressentimens..;
Doutez-vous de mon amour... de mon dévouement ?...
SOPHIE
Non... je VOUS dois plus que cette vie que je vais vous engager, Appiani ; mais mon premier mariage m'a déjà coûté bien des larmes...
APPIANI
Et vous n'en verserez plus , désormais !... A moi, à moi seul, maintenant, tous les soins , tous les ennuis , tous les lourmens... et pour vous éviter aujourd'hui jusqu'à la moindre contrainte, pourque mon bonheur ne vous coûte ni gêne ni fatigue , j'ai voulu que noire mariage eût lieu sans éclat et sans bruit ; ici , loin de Paris , dans cette campagne où nous n'aurons que nos témoins... quelques membres de votre famille, dont vpici les noms...
H lui donne un papier.
SOPHIE , le parcourant ; à part.
Il n'y est pas!... {Haut.) C'est bien , docteur ; je vous remercie des peines que vous avez prises , et... du choix que vous avez fait... {Retenant .ces larmes.) Personne, en effet, ne viendra exciter ni gêne ni contrainte... personne dont la présence puisse éveiller de pénibles souvenirs... {EUcluiremet la liste. Changeant de ton.) Mais l'heure avance, et... {Regardant la toi-
lette.)}e ne suis pas encore prête... Vous me ferez prévenir, mon ami, lorsque le notaire arrivera... Appiani s'incline, lui prend la main, et la conduit jusqu'à la porte de son appartement, à gauche, deuxième plan.