ACTE DEUXIÈME
perdu à cause des paroles odieuses que j'avais dites chez le bon Silanus, et qui n'étaient pas vraies, qui n'étaient qu'un mensonge plus profond que mes autres mensonges, parce que j'étais folle, que je ne savais pas, que je ne voulais pas d'un bonheur impossible...
VERUS
Tu sais bien, Magdeleine, que je n'ai jamais cru que tu fusses semblable à celle que tu peignais... Mais maintenant non plus je n'ose croire au bonheur qui s'avance... Je suis tout ébloui, je doute, je tâtonne... je ne reconnais pas la voix qui m'a si souvent et si durement repoussé.
MARIE-MAGDELEINE, dans les bras de Verus.
Ce n'est pas la même voix, ce n'est pas la même âme...
VERUS
Et pourtant c'est bien toi que je tiens dans mes bras, c'est Lien toi tout entiùre que j'ai tant implorée!... Je me demande encore si tout est bien réel, si tout est bien possible, si tu ne te joues pas d'un bonheur trop crédule que tu vas rejeter parmi tous ceux que brise la beauté qui s'éprouve... Mais non, quand j'interroge, quand je suis tes regards qui descendent dans les miens, je vois que c'est bien vrai, que ce fut toujours vrai...
]\Iais oui, c'est vrai, c'est vrai et ce fut tou jours vrai... Je ne le savais pas, je me cliercliais en vain et je m'ignorais toute jusqu'à ces jours d'angoisse... Je ne voulais pas voir que tu venais vers moi et que tout t'aUendait... Pourtant j'aurais dû le ^:avair... Déjà,