‹ Marie-Magdeleine; drame en trois actesChapitre 34 sur 86 · ACTE DEUXIEJIE · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEJIE

dans Antioche, te rappeîles-tu, Verus, comme je te fuyais?... J'en accueillais tant d'autres, et toi seul, le plus beau, le plus pur, je voulais t'ignorer, t'eiTacer, te détruire... Dès que tu paraissais, je rentrais comme une bête ombrageuse et méchante au fond de ma tanière; et l'autre jour encore, chez le bon Silanus, j'ai senti tout le mal, toute la cruauté ou tout le désespoir qui habite mon cœur, remonter à mes lèvres... Mais maintenant tu vois, je ne suis plus la même, je ne me connais plus parce que je me retrouve... Tout ce qui résistait s'est rompu dans mon âme. Je ne me comprends plus et je ne savais pas que le bonheur était une chose si étrange... Moi qui ne pleurais point dans mes pires détresses, je sanglote aujourd'hui que je vais être heureuse... Je suis claire et légère et pourtant plus brisée que si tous les malheurs qui planent dans les cieux

devaient fondre sur moi... (L'enlaçant plus passionnément.) Aide-moi, mon Verus, aime-moi, soutiens-moi, toi que rien ne menace, toi qui n'as rien à craindre!...

VERUS

Mais que s'est-il passé? Quelqu'un aurait-il donc osé en mon absence?...

Non, non, personne, et ce n'est pas cela, et j'ignore moi-même le danger qui m'entoure... Mais je n'ai d'autre asile que tes bras, et je me sens perdue si je te perds aussi... Prends-moi, emporte-moi sur ce cœur que j'écoute, loin de moi, loin d'ici et de mon inquiétude... Toi seul peux me sauver, et je n'ai d'autre vie que celle que tu me donnes... I\Iais pourquoi m'as-tu délaissée si longtemps dans mes larmes, pourquoi n'es-tu venu qu'après le troisième jour, m' abandonnant ainsi, sans un mot de pitié, sans un signe d'espoir?...

VERUS

Tu te trompes, Magdeleine, ou tes esclaves

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