‹ Marie-Magdeleine; drame en trois actesChapitre 42 sur 86 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

qui touche mon domaine avec sa femme, sa sœur et son beau -frère, nommé Lazare.

Ce Lazai^e que je n'ai vu que deux ou trois fois, car il s'absentait fréquemment, malade depuis quelques semaines, mourait il y a quatre jours.

APPIUS

Q' atre jours, vous entendez bien?... C'est ce que personne n'oserait contester...

SILANUS

Aussi bien, personne ne s'en avisé-t-il, Appius. — La famille était très unie, et la douleur de ces pauvres gens fut extrême. De ma terrasse, j'entendais les lamentations des femmes. Selon la coutume des juifs, on ensevelit Lazare la nuit même qui suivit son décès. On le mit en un sépulcre neuf, creusé dans les rochers qui forment l'autre flanc de cette colline, et l'on ferma la tombe

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d'une énorme pierre. Ce matin, tout à coup, le bruit se répandit que le Nazaréen était de retour et qu'il allait rendre la vie au mort qui était son ami. Appius, qui se trouvait chez moi, me persuada de descendre, et nous suivîmes la foule dans la vallée des tombeaux.

Je savais qu'il devait revenir aujourd'hui, mais pourquoi ne m'avez-vous pas aussitôt prévenue, comme vous l'aviez promis?...

SILANUS

II me parut que le spectacle qui s'annonçait ne serait point de ceux sur lesquels aiment à s'appesantir les regards d'une femme à l'heure de sa beauté. Au surplus, il était à craindre que votre arrivée parmi la foule surexcitée ne renouvelât les violences de l'autre jour. Car une foule énorme, silencieuse, mais frémissante comme un nid de guêpes, escortait

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