MIGNOT, M«« NACQUART, LE MARÉCHAL
MIGNOT , entrant à droite, et tenant des papiers. Ma nièce ! . . . { Jl tient le haut de la scène. ) Pardon , monsieur le maréchal, de vous interrompre encore ■ mais Lagardie prétend que c^est très-presse.
LE MARÉCHAL
Qu'est-ce que c'est?
MIGNOT
Ce billet qu'il vient de griffonner au crayon... car il était si agité. . . ( // ouvre un papier qu'il remet vivement dans sa poche. ) Pardon... le menu du souper pour le maître-d'hôtel.
( // passe à la droite de la scène. )
LE MARÉCHAL , bas à madame Nacquart.
Yons le voyez , il vit de pair et compagnon avec nos gens.
M™^ NACQUART, à part.
\\ a dit : nos gens !
MIGNOT , remettant un papier à sa nièce. Tiens, ma nièce.
M™^ NACQUART , lisant , le maréchal suit des yeujc.
« Vous m'avez cité l'exemple du maréchal Faberl. . . Eh
» bien ! Marie , vous serez contente . , . Je suis recommandé
» à l'ambassadeur de Suède; je cours chez lui.. . Permet-
» tez-moi de vous revoir aujourd'hui , ce soir , à la fête. »
( Tristemer.t.) Quel est son projet?... Pauvre Lagardie! . . '
LE MARÉCHAL, à ;7ar^.
Un soupir ! . . . ( Bas.) Ce soir , le recevrez-vous ?
M™^ NACQUART
Ce soir, je recevrai... je ne recevrai... que mon ma
LE MARÉCHAL
Êh bien ! je cours au Louvre, je parlerai an roij je com-
battrai la calomnie, j'assurerai qae vous n'étiez pas... mais c'est qoe vous l'étiez... N'importe, on n'est pas obligé de dire la vérité an roi.
M™^ NACQUART
Eh bien ! c'est assez ; je me fie à vous. ( A part.) Mais je prendrai mes précautions.
LE MARÉCHAL , bas.
Quant à votre oncle , tant qu'il n'était qn^un étranger , cela passait; mais s'il devient mon parent, je ne puis pins l'avoir chez moi.
M™e ITACQUART.
On lui parlera.
MIGNOT, à part.
Je crois qu'ils me regardent.
mme NACQUART.
Mais Marion Delorme que vous recevez souvent. . .
LE MARÉCHAL
Je vous l'abandonne. .. Qu'ils partent, je ne veux plus les revoir ni l'un ni l'autre.
MARION , dans la cou'isse ^ à droite.
Je vous dis que c'est chez madame Nacquart... elle y est pour moi.
MIGNOT
Eh! c'est Marion!