‹ Marie-Rose, histoire de deux jeunes orphelinesChapitre 12 sur 79 · LE SOMMEIL DE LENFÂNT · texte numérisé non relu

LE SOMMEIL DE LENFÂNT

Kepose , heureiii enfant , repose ! l'innocence Te prépare toujours un paisible sommeil ; Du baiser maternel , non , la douce influence Ne saurait hâter ton réveil.

O Dieu ! que de fraîcheur, de jeunesse et de grâce ! Il ressemble au bouton que balance un rosier ; Sur son front , du chagrin on ne voit nulle trace ; Il a fui sa couche d'osier.

(*) Ce sujet a été emprunté par Reine Garde au recueil de nouvelles Narrations, publié il y a quelques années par M. Filon , professeur d'histoire au collège royal d'Henri IV,

Comme le lys s'entr'ouyre au souffle de Zéphyre, Et de son beau calice étale la blancheur, De cet ange endormi, tel l'aimable sourire Captive l'œil , séduit le cœur.

Libre de tout souci , sans regret , sans envie , Il nage dans la paix ; et l'homme qui s'endort, Fatigué des plaisirs , des peines de la vie , En sommeillanl, maudit le sort.

La peur autour de lui s'amoncèle en nuages , Son âme à la douleur semble s'abandonner. Son rêve est traversé par de noires images , Dont l'aspect le fait frissonner.

Voyant fuir du bonheur l'espérance trompeuse , Il retombe affaissé sous le poids qui l'abat; Mais de ce jeune enfant l'àme est toujours joyeuse ; Il dort à l'abri du combat.

Une femme vers kii s'avance toute fière,

Et dit en le l)aisant , « mon ange , mon trésor,

aujoiird'lmi lyc,('c Napoléon. Uoino Garde a su s'ai)proi)rK'rce ré(;it , sans lui rien lairc pcîrdrc de sa touclianlo .simplicité et do sou e\(piise délicatesse. Nous avons eu l'occasion d'adrniicT tout ré(-enin»ent , dans le salon même de ISl. Kilon. le charmant tal)leau <pii a inspiré la j)rose du professeur, comme celle-ci les vers de la couturière.

(noti: 1)K l'euitehu.)

« Après un doux sommeil , pour sourire à ta mère ^ « Tes beaux veux s'ouvriront encor. »

Les moindre mouvement alarme sa tendresse; Mille fois du berceau ses regards font le tour ; Et lorsqu'il se réveille, oh î comme elle le presse Sur son cœur palpitant d'amour.

Dévouement maternel , admirables tendresses , Touchant tableau d'un fils par sa mère allaité ! Mais je ne goûtai pas ces premières caresses. Moi ; pauvre enfant de charité !

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