‹ Marie-Rose, histoire de deux jeunes orphelinesChapitre 27 sur 79 · ARCHEVÊQUE DE PARIS · texte numérisé non relu

ARCHEVÊQUE DE PARIS

Anges , dont le divin sourire Charme le cœur de lEternel, Pour voir le glorieux martyre Du juste que je chante et que la France admire Penchez-\ous tous au bord du ciel.

De tout cœur senfuit lespérance.

0 toi , que nul ne prie en vain , Montre en ce jour, Dieu de puissance , A tous les ennemis du repos de la France La force de ton bras divin.

O Paris , séduisante ville .

Le malheur vient de t'accabler ; La paix, chez toi , n'a plus d'asile.

De tant de maux causés par la guerre civile Qui donc pourra te consoler?

Le ciel de cette œuvre si belle Charge Denys... Voyez sa foi!

La douleur est universelle ; L'alarme est dans Paris... N'importe , où Dieu l'appelle Il va sans crainte, sans effroi.

Regrettant l'heure qui s'écoule Entre la vie et le trépas , Vers le faubourg où le sang coule Le pasteur se dirige , en bénissant la foule Qui suit la trace de ses pas.

Quel tableau vient frapper ma \uel De ses enfants dans l'abandon , Sans voir du péril l'étendue , Denys avec bonté s'approche , et , l'âme émue, Leur |)arbMruin()ur, du pardon.

O prodige! à sa \<>i\ (ju riilicconpcnt ses larmes Nos frères égarés laisscul loinbcr leurs armes.

L'aspect de l'envoyé de Dieu , A rémeute impose silence.

La soif même de la \engeance Semble s'éteindre avec le feu.

Ce moment de trêve est sublime ; Mais hélas! en ce jour dhorreur, Chaque heure enfante un nouveau crime.

France, jette un cri de douleur...

Armé pour la lutte homicide.

Un de tes fils,... un parricide Blesse à mort ton libérateur.

« Grâce! dit en tombant le prélat vénérable « Grâce , mon Dieu , pour le coupable ! « Son nom loin d'être prononcé, « Qu'il demeure dans le silence , ({ Et que sur le sol de la France « Mon sang soit le dernier versé I »

Heureux d'avoir fléchi la divine justice ,

Ayant épuisé son calice , Dans la paix du Seigneur Denys s'est endormi. A l'univers , ô France , apprends son sacrifice ,

Il ne la pas fait à demi.

Qu'il dorme environné de gloire ,

Et que toujours cher à l'histoire, Son nom , du dernier homme occupe la mémoire !

Vous , sur son glorieux tombeau , Habitants de Paris , que son trépas désole ,

Gravez cette belle parole : « Le bon pasteur est mort pour son troupeau. »

Juillet 1848.

A MONSIEUR M. Vucjct

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