‹ Marie-Rose, histoire de deux jeunes orphelinesChapitre 28 sur 79 · FILS DE MES ANCIENS MAITRES · texte numérisé non relu

FILS DE MES ANCIENS MAITRES

La veille de son rnariage.

Jamais pour toi mon cœur n'eut de l'indifférence. Que ne puis-je l'ouvrir pour te le faire voir ! (^omme il s'est réjoui des jeux de ton enfance , Il se berce de ton epoir.

Tu me vis contempler ton ivresse première ; Tout en la partageant mon cœur était jaloux Des baisers pleins d'amour que te faisait ta mère, Quant tu dormais sur ses genoux.

On dit ta fiancée et \ertueuse et belle . Digne de devenir une sœur pour tes sœurs :

Sache, qu'en apprenant cette heureuse nouvelle , La joie a fait couler mes pleurs.

De celle que le ciel pour compagne te donne , Le nom tout près du tien dans mon cœur est gravé. De plus , je me dispose à tresser sa couronne , Pour ce jour que j'ai tant rêvé.

Et toi , tendre Zéphir, ya lui dire à l'oreille Que les \œux de son cœur vont bientôt s'accomplir. Baise ses blonds cheveux et sa bouche vermeille ; Ton message est doux à remplir !

Que l'aurore demain plus brillante se \è\e, Que son premier rayon vous conduise à l'autel. Couple charmant , que Dieu , réalisant mon rêve , Vous bénisse du haut du ciel !

A MOxNSIELR G. B

Premier lauréat de l'école ûe dessin d'Aii.

Oui , je veux par des cliants commencer la journée, La palme qu'on te voit remporter chaque année , A te les adresser, seule a pu m'enhardir : Pouvais-je me résoudre à garder le silence , Quand tes admirateurs , versés dans la science, Ne se lassent de t'applaudir?

Au mérite éclatant toujours on rend hommage. Sais-tu ce qu'ils ont dit dans leur noble langage? Que ton vol est pareil à celui de l'aiglon , Que tu viens de marquer le feuillet de l'Histoire Où ton nom doit briller; que tu peux . de la Gloire , Monter au dernier échelon.

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A ton destin chacun semble porter envie ; On te dit: Le bonheur environne ta vie : Et son rêve enchanteur charme ton souvenir. Pardonne , si je viens du fond de ma retraite , Te dire : Garde-toi de croire à tout prophète , Car Dieu seul lit dans Tavenir.

Chastel , ceint de lauriers , entre dans la carrière, Et , pour fermer au jour son humide paupière , Des vierges d'un hospice il emprunte la main; Et devant l'égoisme il faut que Michel-Ange , Touchant un marbre informe en chef-d'œuvre le change, Pour se garantir de la faim.

Si le malheur se plaît à frapper les grands-hommes, Hélasl plus que jamais, dans le siècle où nous sommes, Le venin de l'envie autour d'eux se répand ; Et puis , lorsqu'ils ont bu leur coupe d'amertume, Sur leurs yeux près de voir l'encens qui pour eux fume, Le voile de la mort s'étend.

Un brillant avenir se peint dans ton sourire , Jeune honimc ; je comprends tout ce que veulent dire Et tes larmes de joie , cl ton regard de feu : Non, non, me dihciit-ils, de son voile funèbre La mort n'osa jamais couvrir un nom célèbre; Il est iinmorlcl comme Dieu 1

Dieu t'aurait-il promis un ange au vol sublime Pour diriger tes pas loin du commun abîme? Vois , du destin bizarre on compte les élus ! Mais s'il en est ainsi, des rives de la Seine, Vers l'immortalité, suis Télan qui t'entraîne, Vole , je ne te retiens plus.

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