‹ Marie-Rose, histoire de deux jeunes orphelinesChapitre 29 sur 79 · A M. G. DE S · texte numérisé non relu

A M. G. DE S

Que je serais heureuse et fière^ Moi qui me berçais dans ton ciel , Si ma Yoix , de ta coupe amère Adoucissait un peu le fiel.

Mais , bien loin d'en Hre capable , Ma voix môme peut t'aiïliger.

Le poids du malheur qui t'accable, Dieu seul, vois-tu, peut l'alléger.

J'ai connu l'objet de tes larmes :

Oui , c'était un an^o d'amour.

Et je sais ponrcpidi de ses charmes Tes regards n'ont joui qu'un jour.

— ÎOl —

C'est que la trouvant jeune et belle , L'ange de la mort à tes yeux , Sans pitié pour toi , sur son aile, Hier, l'emporta dans les cieux.

Et depuis , le chagrin t'oppresse.

Il n'est plus pour toi de bonheur Hélas ! je comprends ta tristesse Ainsi que ta \ive douleur.

Mais pour adoucir ton martyre , Au ciel jette un regard de foi !

Celle pour qui ton cœur soupire Ne cesse de penser à toi.

Sache que, du sein delà gloire, Elle voit ton profond regret.

Son nom gravé dans ta mémoire , Et tes pleurs versés en secret.

Renais à la douce espérance , Ferme ton cœur au désespoir!

Encore quelques jours d'absence , Et tes yeux pourront la revoir!

25 janvier 1850.

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