A MADAME A. R
Ma muse souvent prophétise , Chère Anaïs : de ton bonheur Par moi prédit se réalise Aujourd'hui le rêve enchanteur.
Jadis , il m'en souvient encore , A lavance j'ai su nommer Cet époux que ton cœur adore , Et que toi seule as su charmer.
D'un fils , objet de ta tendresse, La naissance a com.blé tes vœux ; Ta voix douce appelle sans cesse Ce petit ange aui^blonds cheveux.
Oui , de l'aurore à la nuit close , L'on te voit sur ce bel enfant Aux yeux bleus , au teint blanc et rose Jeter un regard triomphant.
Parle-moi , parle sans mystère.
Du bonheur qu'on rêve ici-bas , Ta part , dans le doux nom de mère , Dis, ne se trou\e-t-elle pas?
Eh bien! savoure avec délice Un bonheur qui te vient du ciel , Et que jamais dans ton calice Il n'entre une goutte de fiel.