A MES AMIS D'AIX
Vous tous que ramitié bien plus que l'habitude Autour de moi sut réunir!...
Pour le chanter et le bénir, Dans ma nouvelle solitude J'emporte votre souvenir.
D'un lieu jadis témoin de mes peines intimes Tout mon être s'est emparé !
Ce lieu de mon cœur adoré, Ce pays qui m'est cher, c'est Nîmes, Où j'ai tant souffert, tant pleuré! *
Nîmes fut le berceau de ma débile enfance. Pour la rendre moins triste, hélas !
A ma vieillesse il tend les bras :
De lui donner ma préférence Qui peut m'en vouloir ici-bas?
Maintenant qu'il me faut, selon le triste usage, Vous dire adieu , j'essaye en vain, . Mes pleurs inondent votre main ; Seule, de mon petit bagage La vue ajoute à mon chagrin.
En tristesse, eu regrets, pour mon cœur tout se change, Habitants de cette cité!
A votre touchante bonté Je dois et le pain que je mange Et seize ans d'hospitalité.
Ne vous ai-je pas vus nourrir la noble envie De me faire un sort plus heureux?
Grâce à vous, amis généreux, L'hiver précoce de ma vie S'offre à mes yeux moins rigoureux.
Vous avez adouci ma coupe trop amère.
Dans son exil mon pauvre cœur Toujours en proie à la douleur.
Sans vous, hélas! sur cette terre N*aurait pas connu le bonheur.
Vous oublier! pareil à cette fleur vivace Que rien n'empêche de germer, De grandir, de se transformer, En dépit du temps, de l'espace.
Mon cœur doit toujours vous aimer.
24 septembre 1857.