S COTE VX
Lu Mhtu, GBANDPRÉ. SIMON, URBAIN, LA MARQUISE, ls Greffier, les Huissiers.
GR4KDFA*.
Marie Simon, jo voua avais dit que votre accusateur n'était pas un ennemi pour voua... je le prouve en venant vous annen-
SIMON
cer quo la Cour, au nom do l'humanité, a fait droit à voire prière...
MARts, avec surprise.
A ma prière?
ORANTiPRi.
Et qu’on vous accorde ce sursis quo vous avez demandé.
MARIE
Demandé... moi... ( Eût regarde Roger qui lui fait un signe dC intelligence; ô ri/f-méme.) Ob t je doisaccepter ce bienfait, que jo m* puis comprendre et qui me vient do lui sans doute. (A Grandpri.) Je ne puis que rendre grâce à la bouté do mes juges, car ie ne leur ai pas môme adressé de prière... jo u’ai rien demandé...
GRAKDPRi.
Rien!... (Il va prendre un papier des main* du Greffier.) Cet écrit?... celte croix?... ne les reconnaissez-vous pas?
MARIE
Oui, celle croix, c’est la mienne... c’est mon nom... quo j'envoyais comme ud dernier adieu à mon père...
SIMON
A moi!...
MARIE, à kStrnon.
Cet écrit, c’est la lettre dont je vous parlais, que j'ai dictée pour vous, et que vous devriez avoir reçue.
CRARDFRÊ.
Une lettre à son père!... que signifio?... cette lettre, la voici. ( H en fait la lecture.) * A monsieur le procureur général... Près *• de perdre la vie et de paraître durant Dieu, je dois h ma » conscience do vous déclarer quo je vais devenir mère... (Mouvement de Marie, de Simon , de tous les personnages; Grandprr continue sa lecture.) Jo réclamé donc le benéûco de » la loi qui m'accorde un sursis pour sauver mon enfant... » marie, s'élançant virement près de son pire.
Je u’ai pas signé cela , je voua le jure sur la tombe de ma mère... C’est une indigne fausseté... Qui l’a écrit?.. .
ROger , çui pendant ce temps a fait de vains efforts pour se rapprocher d'elle et l’empêcher de parler.
Moil...
GRANDI 1 Ri.
TOCS.
Lui!...
roc br , continuant avec assurance.
Sous votre dictée , dans voire prison , hier, pendant notre entrovue.
marie , avec énergie.
Vous mentez, vous mentez, monsieur...
ROGER , bas à Marie.
Marie!...
MARIE
Vous meniez, vous dis-je I...
roger, de même.
Silence, et nous partons cette nuit...
MARIE
Je ne veux pas partir. . . A ce prix , je oo veux pas de la vie et delà liberté... f5'adrmaiif A tout le monde.) Ecoulez, messieurs, écoutez. . . car je devine main tenant et jp puis dire la vérité tout entière. (Montrant Roger.) Il est venu dans ma prison ; jo lui ai dicté, je lo répète , uue lettre d’adieux à mon père; au lieu do l’écrire, il a fait cette déclaration que j’ai signée dans mon ignorance... cette déclaration, pour Obtenir un sursis... F.t savcz-voui quel était son espoir?. . . mon évasion était préparée pour cette nuit. ..
GRANDPRÉ
Une évasion!... 11 serait vrai?
ROGER, avec désespoir.
Oh! Marie! Mftie!...
MARIE
Il m'a offert de partir avec lui... avec lui et mon père... Et maintenant je refuse... je refuse et je dévoile tout aux magistrats pour leur prouver que cette lettre eat un mensonge.
riMOR.
Mon enfant I.. •
U marquise.
Pauvre Marie !...
CREAI*.
La bravo fille !...
MARIB SIMON.
ROGER
Ohl qu'am-vous fait? qu’avez-vous CsitT... Au nom du ciel, messieurs , ne la croyez pas, ne U croyez pas , lorsqu’elle vous demande la mort... et dites-vous plutôt, en me voyant la défendre, moi, lo fils do celui pour lequel vous voulez faire juslico, moi qui ai provoqué votre terrible sentence, dites-vous, en m'ente ndant vous supplier d'on retarder l’exécution... dites-vous que c’est Dieu môme qui m’éclaire, qui vous parle par ma voix : Dieu qui veut la protéger... car il est juste et tout-puissant, ce | Dieu, et il écraserait à l'instant devant vous le fils assez infâme peur défendre l’assassin de son père!...
LA MARQUISE
Et moi, la veuve du marquis de Clivières, je demande justice pour cette noble flUel
li GRfcrms.
Marie Simon, persistex-vous à dire que cette lettre...
■ami, avec calme.
Cette lettre est un mensonge. ( Se tournant ver s Roger avec attendrissement.) Roger, mon cœur est plein de reconnaissance eide londro.-se pour vous... je puis le dire en ce moment où je n’ai rienà cacher b la terre... je regrette la vie, je crains l’échafaud, mais je crains encore plus la honte. Condamnée pour un crime dont on me reconnaîtra innocente après ma mort, je l'espère, je ne puis, pour prolonger mes jours, me rendre complice d'un mensonge qui proclame mon déshoaneur... Victime d'une erreur que je pardonne, je veux du moins quitter la vie aussi pure aux yeux des hommes que ie vais le paraître devant Dieu! Messieurs, la loi ne uie prutege plus pour retarder l'exécution de votre arrêt; jo viens de remplir mon dernier devoir, faites le vôtre ; je suis prèle b mourir ! (.Sur un signe du Greffier, le t soldats entrent en scène par la gauche’, ilt Boni suivis de tous Us paysans du premier acte.)
■CCNE VU.
Lxs Mêmes, lis Soldats, lis Panam.
smon, avec effroi.
Ma fille, viendrait-on déjà t'arracher de mes bras T - aoGia.
N’csi-il plus d’espérance î
GRANDPRJt.
Aucune.
li caKwraa.
L’arrêt est formel et doit t’accomplir h l’instant môme. [On entend le son de Corgue.)
■Al! B.
C’est la prière de mon agonie. A genoux, vous tous qui m'aimez ; priez Dieu qu’il me donne du courage! (Toux U monde s'agenouille ; le Greffier s'approche de Marie et laisse tomber sur elle un long voüe noir.)
«RANDral, seul debout , à droite.
Ah I l’accusateur est parfois aussi b plaindre que le condamné; et dans ce moment, je donnerais ma vio pour n'avoir pas h mo reprocher sa mort ! (Quand la prière est finie et que l’orpua a testé de te faire entendre, tout le monde se relève.)
marie, écartant son voile .
Adieu, mon pèro! adieu, Roger I adieu tous!... ( Elle presse les mains (Us paysans à travers Us rangs des soldats ) Allons, jo vous en prie, pas de larmes; laissez-moi un peu de ma force... (S'adressant à Roger.) Je n’en manquerais pas, monsieur de Clavières, et je marcherais au bûcher avec plus d’assurance si jo pouvais, jusqu'au terme de ma route, regarder encore et presser sur mon cœur le livre de ma marraine.
urbain, s'écriant.
Son livre!...
Je l’ai perdu I mais elle, je vais 1a revoir I (Elle ta te placer au milieu des soldats.)
urbain, tirant U livre de ta veste.
Arrêtez... cé livre, le voilà 1
■amr, le prenant.
Oh! merci, Urbain!
ROGER
Lo livre de manière!