MISSION DE GAREY EN ECOSSE
jamais, avait-il déclaré, que ce qui plairoit à la reine d'Angleterre ; il prendroit ses conseils en toutes choses et préféreroit son amitié à toutes celles du monde*. > Préparer le retour des Hamilton et un changement favorable à l'Angleterre', tel était le but de la mission de Carey. Elle échoua contre la ferme volonté de Jacques VI.
Elisabeth ne renonça pas encore aux négociations : seulement, elle choisit pour une nouvelle ambassade un ministre plus habile, un vétéran de la diplomatie, un des chefs de son conseil, François Walsingham. Ni l'âge avancé ni la santé afTaiblie de Walsingham ne parurent à Elisabeth des motifs suffisants pour le dispenser d'un voyage long et pénible. Mais la froideur avec laquelle Jacques accueillit l'ambassadeur et la malveillance injurieuse de ses ministres prouvèrent aux Anglais que les négociations étaient inutiles. Le fanatisnie des protestants et l'ambition des nobles leur fournissaient d'autres armes. Les agents d'Elisabeth , habitués à agiter ce pays « si sujet à mutation*,» firent parler les prédicateurs et armèrent les Douglas, les Erskine et tous les barons de la faction anglaise. La conduite du gouvernement écossais ne fournissait que trop de prétextes à la révolte. Arran , rentré en grâce et rappelé à la cour malgré Melvil *, dominait Jacques VI , irritait les nobles par sa hauteur , le peuple par son avidité. Enrichi des dépouilles de la maison d'Hamilton , chancelier d'Ecosse , comblé des faveurs royales , il ne sut pas se faire pardonner sa puissance. Des mesures violentes contre les conjurés de Ruthven aggravèrent
i. Pièces justificatives ; lettre de Castelnau du 31 juillet 1583. Les historiens d*Écosse, même P. F. Tytler, ne parlent pas de cette mission de Carey, que Castelnau appelle le sieur de Quiery. P. F. Tytler [Hist.ofScot.^ t. VIII, p. 164) se borne à dire que la reine songea à envoyer en Ecosse lord Hunsdon.
2. P. F. Tytler, Hist. of Scotland, t. VIII, p. 156-156;- Jf^motm de J. Melvil, t. II, p. 142, 143, 144.
3. Pièces justificatives; lettre de Castelnau du 23 avril 1584.