‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 107 sur 215 · GUERRE CIVILE EN ECOSSE · texte numérisé non relu

GUERRE CIVILE EN ECOSSE

la haine publique, qui éclata en complots et en guerre civile*. Castelnau suivait avec inquiétude le progrès des troubles et pressait Henri III de donner à Jacques des conseils de modération. « Autrement, ajoutait-il •, il courroit une grande extrémité, selon l'exemple de ses prédécesseurs, dont la plupart ont fait une fin tragique. »

La cour de France, toujours sous l'influence de Catherine de Médicis, pensa que personne ne saurait mieux que Castelnau rétablir la paix en Ecosse, et ce fut à lui qu'elle confia cette délicate et honorable mission. Presque toute sa correspondance diplomatique des mois de novembre et de décembre est remplie des projets d'ambassade, des instructions pour l'Ecosse , de lettres confidentielles *. Il fallait obtenir le concours de Marie Stuart. Henri III lui écrivit le 20 décembre 1683* : « Madame ma sœur , je ne veux plus vous représenter l'ennui et déplaisir que j'ai reçu et porte continuellement de votre longue détention et captivité (ce que nous avons d'amitié , affinité et étroite alliance vous en rendent assez témoignage et assurance , et doivent faire

1. p. F. TyUer, Hist. of Scot, t. VIII, p. 157 et suiv.; — Camhdeni But. Eliz., pars HI, p. 363-364; — Jf^motfM de J, Meîvil, t. II, p. 164 et suiv.

2. Lettre de Castelnau à Henri III, novembre 1583, ms. de la Bibl. imp., coll. Bréquigny , t. XCVII , copie faite sur les mss. de la bibl. Harléienne.

3. Le Laboureur , iiddit. aux Mémoires de Castelnau , 1. 1 , p. 60, a donné une partie des pièces relatives à ce projet d'ambassade, et, entre autres, une lettre confidentielle où se trouvent ces mots : a Nous n'avons rien de plus propre pour retenir en bride icelle reine (Elisabeth) , qu'en lui laissant la racine du mal qu'elle craint du costé d'Escosse. » Lingard, qui parle fort légèrement de ce projet et le place à la fin de 1584, tire, dans son Histoire d'Angleterre ^ une étrange induction de ces paroles; il prétend que Henri III manifestait par là sa mauvaise foi envers Marie Stuart. Il est évident, au contraire, que ce passage est dirigé contre Elisabeth, à laquelle Henri veut laisser l'embarras des affaires d'Ecosse, et Vépine qui la piquait au pied, comme dit Castelnau dans une de ses lettres. Cf. les mss. de la Bibl. imp.. f. Colbert, n« 471, fol. 327, 329, 333, 334, et f. Béthune, n-8811, foL 78, 80,81, etc.

4. Ms. de la Bibl. imp., f. Béthune, u<* 8811, fol. 81 recto et verso. Cette lettre est datée du 20 décembre 1583.

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