Ibidem
iU PERFIDIE DE GRAY (1584-1595).
du premier lit, accusés d'avoir répandu des bruits injurieux contre Marie Stuart*, furent appelés devant le conseil d'Angleterre et sommés de s'expliquer. Ils affirmèrent qu'ils étaient entièrement étrangers à ces calomnies, et déclarèrent « qu'ils n'avoient rien vu ni connu en elle qui ne fût digne d'une princesse, et qu'ils tenoient pour méchants ceux qui en avoient mal parlé. Ce qu'ils affirmeroient devant moi, ajoute Gastelnau^, comme ambassadeur de Votre Majesté , bailleroient par écrit et signeroieiit de leur main. » En effet, on rédigea la déclaration obtenue par les remontrances énergiques de Gastelnau, et elle est parvenue jusqu'à nous.
Ce fut une consolation pour l'ambassadeur d'adoucir les chagrins de la captivité de Marie Stuart. Il eût voulu faire plus , et il prit un instant son désir pour une espérance '. Mais il ne tarda pas à reconnaître que la nouvelle négociation entamée avec Marie Stuart n'était qu'une ruse des Anglais pour dissimuler leurs intrigues avec Gray , et détourner l'attention de la reine d'Ecosse*. Celle-ci , malgré Tétendue de ses concessions, ne put rien obtenir. Transférée, au mois de janvier 1585, de Wingfield à Tutbury , résidence triste et malsaine, enlevée à la garde du comte de Shrewsbury , qui avait su concilier la vigilance et l'humanité , elle fut soumise à la surveillance rigide et parfois insolente du puritain Amyas Pawlet. Elle attribua ce redoublement de dureté à la trahison de Gray , et écrivit à son fils pour se
1. Pièces justifieaHves ; lettre de Gastelnau du 25 novembre 1584. Voy. aussi LeUres de Marie Stuart, t. V. p. 389, 390. 394, 395, 396, 401, 402, 425, 426, 427, etc., et t. VI, p. 33 et suiv., p. 51 et suiy. La dernière lettre de Marie sur cette affaire est adressée à Elisabeth , et renferme une récrimination très- vive contre la comtesse de Shrewsbury. Marie Stuart rapporte les bruits injurieux que la comtesse répandait contre Elisabeth. H est peu probable que cette curieuse lettre ait éternise sous les yeux de la reine d'Angleterre.
2. Pièces justifieatives ; lettre de Gastelnau du 25 novembre 1584.