‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 135 sur 215 · WOTTON EN ECOSSE · texte numérisé non relu

WOTTON EN ECOSSE

pour exécuter plus sûrement un coup si hardi, il fallait auparavant s'assurer de la personne du roi d'Ecosse^ son fils. »

La reine d'Angleterre avait près de Jacques VI un partisan d'autant plus zélé qu'il ne pouvait attendre que haine et mépris de la faction opposée. Gray balançait le crédit d'Arran. Elisabeth avait envoyé en Ecosse, pour le seconder, Edouard Wotton, d'un esprit vif et ardent, d'une imagination féconde en ressources , peu scrupuleux sur les moyens , capable d'amuser Jacques par ses saillies, de l'entourer de ses intrigues et de l'endormir par ses promesses. Le premier soin et le premier succès de Wotton furent la rupture définitive de l'association de Marie Stuart et de son fils ^ Il voulut ensuite renverser Arran *, mais il rencontra alors de sérieuses difficultés. Jacques tenait à son favori. Aussi rusé que les Anglais, le roi d'Ecosse acceptait leurs promesses et leurs présents , mais sans se donner à eux. Wotton , après de nombreuses et vaines tentatives pour éloigner le favori , résolut de le feire assassiner •; mais Arran se tenait sur ses gardes et déjoua le complot. Restait un dernier moyen , la guerre civile : Wotton le tenta. De concert avec Gray et les ministres protestants, il appela en Ecosse les bannis Angus, Marr, Glamis et les Hamilton *, qui se tenaient toujours sur la frontière. Mais Arran, expert depuis longtemps dans cette politique de ruses et d'intrigues, découvrit la conjuration. Le colonel Stuart accusa Wotton en présence du roi ; l'ambassadeur anglais craignit d'être arrêté, prit la fuite et se retira à Berwick*. Elisabeth le désavoua et le punit de son mauvais succès. Gray , plus habile , sut cacher ses intrigues , repousser les

1 . Les instructions données à Ed. Wotton sont conservées dans le State^ paper office', elles ont été analysées par P. F. Tytier, Hist. ofScotland, t. Vm, p. 221.

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