Lettres de Marie Stuart, t. VI, p. 237 et suiv
DE LA FACTION ANGLAISE (OCTOBRE i58S). 133
comme mère très-afifectionnée que je lui ai toujours été et serai jusqu'à la mort, je ne ressente jusqu'au plus profond de mon cœur sa présente misère, et ne fasse tous les efforts que je pourrai, fût-ce au hasard de ma vie propre, pour garantir la sienne des dangers imminents où je la vois. »
Cette lettre, adressée à l'ambassadeur français* à Londres, se terminait par de vives instances pour obtenir l'intervention de la France en faveur du roi d'Ecosse. L'ambassadeur était alors L'Aubépine de Châteauneuf, qui, en septembre 1685, . avait remplacé Michel de Castelnau. Sa position était difficile auprès d'une cour qui le regardait comme l'agent des Guise S et son inexpérience des affaires d'Ecosse augmentait encore les dangers que courait l'alliance française dans ce pays. Henri III se décida donc, mais beaucoup trop tard, à envoyer en Ecosse un ambassadeur spécial pour lutter contre la faction anglaise. Il choisit Charles de Prunelé, baron d'Esneval et vidame de Normandie, jeune seigneur que recommandaient surtout sa haute naissance et son titre de gendre du secrétaire d'État Pinart*. Rétablir l'harmonie entre Jacques et ses sujets par la médiation de la France, raffermir l'union des deux couronnes, tel était en substance le but de la mission du baron d'Esneval'. On ajouta à ces instructions
1. « Lauhespinœus totus Guisianae factioni devotus. » Camhdeni Bist, Elix,^ parsHI, p. 483.
2. J'insisterai sur cette ambassade du baron d'Esneval, à cause de son importance et du silence de presque tous les historiens. Anciens et modernes, français et anglais , Cambden et de Thou , Lingard et Sismondi , Sharon- Turner et P. F. Tytler, n'ont pas tenu compte de ce dernier effort tenté par la France pour conserver son influence en Ecosse. Cambden et Robertson ont nommé d'Esneval, mais sans donner de détails sur son ambassade. Raumer, qui ne fait que l'indiquer , la place en octobre 1684 (Voy. Elisabeth et Marie Stuart (allemand), p. 384). P. F. Tytler, occupé des négociations anglaises , ne cite pas même le nom de l'ambassadeur français. On a imprimé quelques-unes des pièces de cette ambassade dans l'ouvrage intitulé : Life of Thom. Egerton. J'ai communiqué à M. Teulet les documents relatifs à la mission de d'Esneval qu'il a imprimés dans les Papiers d'État relatifs à VÉcosse. Mais, comme je l'ai fait remarquer, cet ouvrage n'est pas dans le commerce de la librairie , et a presque la rareté d'un manuscrit.
3. Instructions données au baron d'Esneval, aux Pièces justificatives.