AMBASSADE DU BARON D'ËSNEYAL
une recommandation banale en faveur de Marie Stuart. Il devait s'efforcer de réconcilier Marie Stuart et son fils, mais en évitant tout ce qui pourrait éveiller la jalousie et la défiance de l'Angleterre *. Il n'est pas question de la liberté de Marie. Et cependant, lorsque L'Aubépine de Châteauneuf transmettait ^u roi les doléances de cette princesse, et sollicitait l'intervention de la France, Henri III lui répondait: « Ce sera dorénavant au sieur d'Esneval^ qui est sur le lieu, à y faire tous les bons offices qu'il pourra *. »
Le baron d'Esneval partit pour l'Ecosse à la fin de l'année 1685, et y arriva aii commencement de 1586. Il reconnut sur-le-champ les difficultés de sa position. La faction anglaise, qui entourait et dominait Jacques VI, lui fit attendre longtemps sa première audience'. Lorsqu'enfin il l'obtint, il trouva un roi profondément dissimulé, et qui ne difl'érait son traité avec l'Angleterre que pour se vendre plus chèrement. Parmi les courtisans, deux seulement paraissaient accessibles aux instances de l'ambassadeur. C'étaient Maitland, comte de Lethington, chancelier d'Ecosse, et J. Hamilton, lord d'Arbroath. Le second était d'une famille jadis dévouée à la France. Son frère, Claude Hamilton, était catholique et zélé pour Marie Stuart. Henri III l'envoya en Ecosse pour seconder son ambassadeur, et lui fit présent de cinq cents écus *. D voulait offrir un anneau de la même valeur au lord d'Arbroath; mais l'argent manquait, et il ne put donner que des promesses. Il défendit expressément à son ambassadeur de prendre aucun engagement avec les
1. Instructions données au baron d'Esneval, ap. Egerton, p. 58-61.
2. Lettre de Henri III à Châteauneuf, 16 fév. 1586, archives de la famille d'Esneval, et ap. Egerton, p. 222. Le ton de Henri III en face d'Elisabeth est toujours humble et soumis , et surtout quand il s'agit de Marie Stuart : « S'il vient à propos que vous en puissiez faire ouverture (de la liberté de Marie), vous regarderez que ce soit si modestement et de telle façon qu'on ne puisse mal soupçonner ni l'interpréter en mauvaise part , etc. » Voy. Pièces justificatives.