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EN ECOSSE (1 585-1 586). i 38
seigneurs écossais, habitués, comme leur roi, à tendre la main à l'étranger *. C'était renoncer à l'alliance d'une nation pauvre et avide, tentée par l'or de l'Angleterre.
Restait un parti moins nombreux, mais ardent, dévoué à Marie Stuart et prêt à tout sacrifier pour la défense de ses opinions religieuses. A la tête étaient les lords Huntley , Grawford, Montrose, Maxwell, Claude Hamilton et quelques autres sous la direction du jésuite Holt et de ses compagnons. Impatients du joug anglais et de la domination protestante, ces Écossais voulaient en appeler aux armes et délivrer Jacques VI de la tyrannie de leurs ennemis*. Ils s'adressèrent à d'Esneval et lui demandèrent l'appui de la France, annonçant qu'à son défaut ils invoqueraient le secours du pape et de l'Espagne'. Mais une résolution énergique ne convenait ni à la situation ni au caractère de Henri III. Il ne vit dans les propositions du parti catholique qu'un artifice de Philippe II. * Il y a beaucoup d'apparence, écrivait-il à son ambassadeur *, que ces seigneurs auront été stimulés et excités par les jésuites secrètement envoyés par le roi d'Espagne. » Du reste , il était décidé à ne pas donner suite aux propositions que lui transmettait d'Esneval. « Quand j'en aurois la volonté, ajoutait-il ', je ne puis aider ni assister de mes moyens les catholiques d'Ecosse à cause des grandes affaires et dépenses, èsquelles je suis constitué par les présents troubles et guerre de mon royaume. » Il recommandait à son ambassadeur une intervention toute pacifique : engager les sujets à la soumission, le roi à la tolérance, telle était sa mission. Elle ne pouvait convenir aux catholiques. Ils demandaient de l'énergie, et ne trouvaient que mollesse ; sollicitaient la guerre, et n'obtenaient que des
1. Lettre de Henri UI, 9 mars 1586, aux Pièces justificatives.