PROCÈS DE MARIE STUART
Le danger de Marie devenait chaque jour plus pressant. Elle était gravement compromise par les dépositions des conspirateurs et de son secrétaire Nau. La plupart des membres du conseil d'Angleterre la jugeaient coupable du crime prévu par un statut de la vingt-septième année du règne d'Elisabeth (1586). Cette loi cruelle punissait de mort , non-seulement les auteurs d'attentats contre le souverain, mais encore tous ceux qui les encourageraient ou pourraient en profiter*. L'ambassadeur français ne cessait de prévenir le roi des divers incidents du procès. « Hier, lui écrivait-il le 9 octobre 1586', furent assemblés tous les mylordsde ce royaume au palais avec ceux du conseil privé et les chefs de la justice ordinaire , et en présence de tous fut, par monsieur le chancelier, récité le fait de la conjuration , puis lues toutes les lettres trouvées es coffres de la reine d'Ecosse avec la déposition de ses secrétaires qui y furent menés , et la déposition aussi de ceux qui ont été exécutés , et leur fut demandé leur avis. Tous répondirent, ce qui déjà étoit résolu , qui étoit de l'interroger sur ces points pour lui faire son procès , et furent délégués douze mylords qu'ils créèrent pairs pour cet effet avec tous ceux du conseil et les chefs de la justice, comme les présidents et procureur général. Tout cela partira, se rendra au lieu où est la dite dame', le quinzième de ce mois , pour l'interroger et juger si elle est digne de mort , et, à leur retour, le tout sera rapporté au parlement général de ce royaume , qui se tient au vingt-cinquième jour d'octobre , pour là être confirmé. »
Châteauneuf, ne recevant pas d'instructions de la cour, malgré ses instances réitérées , se décida cependant à faire une démarche auprès d'Elisabeth avant que les commissaires