AUDIENCE DE BELLIÈYRE (15 DEC. i
montra peu touchée. Elle se plaignit vivement de Marie Stuart, racontant le mal qu'elle avait reçu d'elle elles bons offices qu'elle lui avait faits. cElle avoit été contrainte, disaitelle S d'en venir à la résolution qui avoit été prise, parce qu'elle ne pouvoit sauver sa vie et celle de la reine d'Ecosse. Si les ambassadeurs savoient le moyen de trouver sûreté pour elle en épargnant Marie Stuart, elle leur en auroit grande obligation. » Elisabeth remit l'ambassadeur à quatre jours pour une réponse définitive; mais la seconde audience de Bellièvre fut retardée jusqu'au 15 décembre. Dans l'intervalle, Elisabeth consulta le parlement pour savoir s'il connaissait quelque moyen de concilier le salut du royaume avec l'existence de Marie Stuart*. La réponse fut négative. Dans la seconde audience donnée à Bellièvre , Elisabeth lui déclara « qu'elle ne vouloit pas être cruelle contre ellemême'. » Dès le lendemain, 16 décembre, le comte de Pembroke, lord maire de Londres, et les aldermen, parcoururent les rues de cette ville en faisant publier la sentence de mort contre Marie Stuart. On alluma des feux de joie, comme pour la découverte de la conjuration de Babington ; pendant vingt-quatre heures, le son des cloches retentit dans Londres et dans toute l'Angleterre*. A Fortheringay la sentence fut signifiée à Marie Stuart, le dais, signe de la dignité royale, enlevé et la chambre de la reine tendue de noir*.
1. Lettre de Bellièvre à Henri m ; ms. de la Bibl. imp., suppl. fr., n<> 593^, fol. 399 recto, Life ofThom, JEçerton, p. 90 et 91.
3. Ms. de la Bibl. imp. , suppl. fr. , n« 693^ fol. 399 recto ; lettre de Bellièvre au roi, 18 décembre 1586; Life ofThom. J^^erfon, p. 90et 9J.