LETTRES INEDITES DE LA MOTHE-FÉNELON
LA HOTHE-FÉNELON A CATHERINE DE MÉDICIS
(7 avril 1576.)
Madame, parceque de plusieurs choses notables et de considération qui se sont passées en la négotiation de M. de La Cliastre, nul ne vous en sçauroit rendre meilleur compte que luy-mesme qui les a proposées avecq beaucoup de dignité, et quant il a esté question de les débatre avecq ceste princesse, ou avecq ceux de son conseil, il l'a très-sagement et fort vertueusement sceu faire, et enfin elles sont venues au poinct que Vostre Majesté verra, je ne vous diray, madame, sinon que la
1. M. Teulet a publié en 7 vol. in-8» (Paris, 1838-1840) la Correspondance diplomatique de La Mothe-Fénelon, Mais il n'a pas eu connaissance des lettres dont les originaux avaient été remis au baron d'Ssneval par son beau-père le secrétaire d'État Pinart (voy. préface). J'ai cru devoir les publier comme complément indispensable d'une collection précieuse pour rhistoire de la France et de l'Angleterre. Ces lettres sont surtout relatives à l'ambassade de La Châtre dont il a été question plus haut (voy. p. 66-68). Les faits dont il est question dans ces correspondances étant presque tous expliqués par les détaUs historiques qui précèdent, je n'ai ajouté que quelques notes indispensables.
présance et bonne façon sienne ont convaincu les mauvays raportz qu'on avoit faicts de luy, et qu'il a esté trouvé aultant agréable ambassadeur et bien choisy qu'on en ayt veu de longtemps en ceste court, et le tout s'est passé avecq tant de dignité pour Voz Majestez et de bonne estime pour luy qu'il ne s'y pourroit désirer rien de mieux, dont j'espère que son voyage, comme il est en toutes sortes très-honorable, ainsy réussyra il très-utille au service du Roy et vostre, aydant le Créateur auquel, je prie, après avoir très-humblement baisé les mains de Vostre Majesté, qu'il vous doinct,
Madame, en très-parfaicte santé, très-longue vie, et toute la meilleure prospérité que vous desirez.
Vostre très-humble et très-obéissant subject et serviteur.
De La Mothe-Fénelon.
Di Londres , ce vn-* Jour d'apyrU 1676.
MEMOIRE REMIS AU ROI PAR LA CHATRE AU RETOUR DE SON AMBASSADE EN ANGLETERRE *.
Texte da mémoire. Notes de secrétaire d'État Pioart
Qu'il a esté facille de juger. Le Roy a, par sa dernière déà la venue de M. de La Chas- pesche, satisfaictà tout le contre, que beaucoup de difficul- tenu en ces quatre articles, tez et de traverses et de mauvais raportz avoient précédé son arrivée, et néantmoins sa légation est réuscye heureuse et en toutes sortes très-honorable, et pleyne, d'usg chAscun
1. Ce mémoire a été probablement rédigé par La Mothe-Ï'éneloii.
DigiJized by VjOOQIC
DE LA MOTHE-PÉNELON. i79
Texte dn mémoire. Notes du secrétaire d'État Pinart.
costé, de tout contantement»
ainsy que par les honestes faveurs et bon trettement qu'il a receu et par les bonnes responses, et les lettres qu'il emporte de ceste princesse, il le pourra mieulx tesmoigner à Leurs Très-Chrestiennes Majestez.
La confirmation de la ligue s'en est ensuyvie aulx propres termes que le Roy le pouvoit désirer à son honneur et répuputation, et l'acte expédié en bonne forme*.
Reste seulement le serment de Sa Maj** Très-Chrestienne, et ung aultre acte de plus expresse confirmation, selon le YTTTT< article du tretté.
Et une lettre de la main de Sa dicte Majesté qui soit déclaratoire de l'intention du dict tretté touchant le faict de la religion au mesme sens que le feu Roy son frère de son vivant en escripvit une le XIX* d'avril 1572 à la royne d'Angleterre.
Le comte de Lestre (Leicester) Monsieur de Chivemy a comdesire que le Roy démonstre mandement du Roy d'en parler quelques effects de l'amytiéqu'il au conseil du Roy et y faire prometdeparolleàladictedame, promptement tout ce qui est
1. Voy. , sur cette aUiance de la France et de l'Angleterre , p. 60.
j80 LETTRES INÉDITES
Texte du mémoire. Notes du secrétûre d'État Pinart.
et entre aultres choses qu*il nécessaire et raisonnable pour face avoir rayson à M* Warcop y satisfaire, du navyre de bled qui luy fut prins pour la munition du camp de la Rochelle, amsy que la dicte dame l'en a souvant requis; car en Flandres, pour attirer du tout la dicte dame au party d'Espaigne, Ton a bien accordé à son ambassadeur tout ce que pour TEstat en général ou pour les particuliers de ce royaulme il a vollu demander.
Et qu'il ne faultdoubter qu'à Le Roy veult procedder
la moindre aparance qu'on comme il a tousjours faict.
peult descouvrir que le Roy II veult convenir en tous afifai-
voUust procéder de dissimula- res mesmes avecque la royne
tion ou de mespris vers elle, d'Angleterre, mais il désire
que incontinant eUe ne se jettast aussi qu'elle en face de mesme. tout oultre du costé d'Espaigne et que ne seligast avec les protestanz.
Mais le dict comte de Lestre fl est satisfaict à cest article dict que si le Roy veult bien et ainsi qu'au suivant, par les droictement user vers la dicte responces cy-dessubs. dame, qu'il pourra establyr une des plus fermes et inviolables amytiés avec elle et avec ce royaulme que prince en ayt jamais eu en la Chrestienté et qu'il vauldroit mieulx délaysser du tout ceste ligue, si l'on ne la vouloit conduyre au point de cette vraye et inthime amytié que les deux grands roys Fran-
Texte du mémoire. Notes du Mcrétmre d'État Pinart.
çois premier et Henry Huitiesme et après eulx leurs enfants, Henry Segond et Edouard VI* avoient contracté d'effect les ungs avecques les autres.
En quoy le Roy doibt considérer qu'à faict ligue et amytié avec une princesse qui n'est pas foible, et qui a des honunes et des armes, des munitions de guerre, des vaisseaulx et toutz aultres moyens par mer et par terre plus grandz et plus fortz que ne les eut jamais le feu Roy Henry son père, et ne doibt pas ung sol, et si a de l'argent contant et des bagues et meubles en grande quantité, fort bon crédit, et son royauhne riche et opulant, et la plus brave noblesse qui ayt esté de cent ans en Angleterre, et bien qu'elle ayt faulte de quelques capitaines, elle en recouvrera, et en a desjà quelques ungs à sa pension qui sont de grande réputation.
Et que si toute la dilligence de Le Roy n'ignore [pas] le conceulx qui sont eslevez (révoltés) tenu en cest article ni aussy ce en France et les vif^res remon- qui s'est passé en tout ceUa; strancesdesprincipaulxsuposts mais, pour bien observer le de la nouvelle religion et du contenu du traicté, il seroit, ce clergé d'Angleterre, et les in- semble, bien à. propos que la stantes sollicitations des princes Royne ne donnast pas accès si protestants d'Allemaigne, et la favorable ny ne promist tant couverte instigation d'aulcuns d'assistance et faveur à ceulx
i82 LETTRES INÉDITES
Texte du mémoire. Notes du secrétdre d*fitat Pinart.
princes catholiques (car rien de qui sont en son roial intérieur tout cela n'a défailly pour met- pour préjudicier au service du tre ce royaume en armes con- Roy. Néanmoings le Roy sçait tre le Roy), joinct les grandes infiniment bon gré au sieur occasions qui s'en sont offertes, comte de Lestre tousjours de n'ont peu mouvoir ceste prin- tant de bons offices qu'il faict cesse contre luy , il est très- comme aussi les luy a raporté raysonnable qu'il en ayt une de mesme et a souvant escrit grande recognoissance vers le sieur de La Chastre, et qu'il elle, et qu'il considère qu'il a a grande affection et désir à esté bien servy par deçà, et l'entretenement et continuaqu'il s'est trouvé quelque dé- tion d'un bon et franc accord vot et bien incliné serviteur de entre le Roy et la dicte dame sa couronne près de la dicte royne d'Angleterre dont Sa dame. Majesté sçait fort bon gré , et
est chose qu'il ne mecte en oubly, mais s'en souviendra trèsbien quand toujours il se présentera quelque occasion pour en rémunérer icelluy sieur comte.
Qu'il est besoing que le Roy Le Roy a ainsi usé envers le use d'honnestesentretenements dict ambassadeur et luy a faict vers elle , et que sur le bon faire présent d'ung bidSfet pour raport que luy fera M. de La ce qu'il a assisté à l'y veoir Chastre à son retour par dellà, faire le serment du traicté, et il envoyé quérir l'ambassadeur par le sieur de Mauvissière qui d'Angleterre pour luy agréer en partira à la fin de ce moys pour bonne sorte et avec parolles aller relever le s' de La Mod'affection la prompte voUonté the fera encore signifier sa de la Royne sa mestresse en bonne volonté à l'endroict des l'acceptation de la ligue avec- sieurs comte de Lestre, milord ques luy, et la remercyer de trésorier, milord de Sussex, l'honneur et faveur et bon M« Smith, M« Walsingham et trettement qu'elle a faict au principauk seigneurs du Condict sieur de La Chastre, et des seil de la dicte royne d' Anbonnes et honorables parolles gleterre.
DE LA MOTHE-FÉNELON. ig3
Tttte du mémoire. Notet du aecrétiin à%m Pimrt.
et démonstrations et dont elle luy a usé surtout ce qu'il luy a proposé de la part de Sa Majesté et faire au dict ambassadeur de bien expresses offices d'amytié pom*eUe, quelque bon mot du comte de Lestre, de milord trésorier, de milord de Sussex, de M» Smith, de M« Walsingham et aultres du conseil d'Angleterre et qu'il signiffiera davantage son bon désir vers elle et vers eulx par le nouveau ambassadeur qu'il envoyera bien tost en ce royaulme.
Du désir que ceste princesse Elle escripra par le sieur a monstre que la Royne re- de Mauvissière.
gnante luy eust escript quelque bonne lettre de sa main , et l'excuse qui luy a esté donnée là dessus, et comme il semble estre requis que la dicte dame Royne régnante luy escripve bien tost, soit qu'elle recoipve ou que ne recoipve pas par le retour de M. de La Chastredes lettres d'elle.
Ce que le comte de Lestre M. de Guyse escripra aussy dict qu'il seroit bon que M. de par le dict sieur de Mauvis- Guyse fist pour oster la maie sière.
impression que ceste princesse a de toutz ceulx de sa may son ; car cella serviroit grandement à conserver la bonne intelligence d'entre ces dQUx cou-
184 LETTRES INEDITES
Texte du mémoire. Notes da secrétaire d'&tat Knart.
ronnes et reviendroit à beaucoup de soulagement pour la royne d'Escoce et pour raccommodement des affaires de son royaulme.
L'extrême plaincte qu'on faict Si esse que (cependant) les icy du deffault de justice en gouverneurs et les lieuxtenans France vers les Angloys et généraulxescripventauRoyque qu'encor que le Roy et les tout soudain ils font satisfaire s" de son conseil leur don- par justice aux dicts Angloys nent souvant de très-bonnes selon leur requeste et beaucoup provisions, si ne sont -elles mieulx et plus dilligemment, oubeyes ny respectées sur les avec moings de frais que Ton ne lieux, et les outrage-ton d'effect faict en Angleterre aux Franet de parolle , quand ilz vont çoys.
pourchasser leurs biens par dellà et mommément en Bretaigne.
Représanter la pleincte du M. de Chivemy a commiscappitaine Leyton, gouverneur sion du Roy de représenter le de Grenazé (Guernesey), contre présent au conseil et faire saceulx de Cherbourg et de Fes- tisfaction, en ce qui se trouvacamp , ceUe de Donston Anez roit raisonnable, promptement, contre le cappitaine Provençal, à la requeste que en a faicte la pleinte du s' Acerbo contre M. l'ambassadeur d'Angleterre, M. de La Garde, celle d'ung qui doibt y poursuivre cella, et Angloys qui a lettres du grand monstrer les !"• justifications sceau du Roy pour estre rem- de ce que dessus dit est; il y bourse sur l'espargne, et toutes- sera satisfaict promptement, fois l'on ne tient compte de le comme est l'intention du Roy , payer, et sur tout la pleinte de espérant aussi Sa Majesté qu'il M* Warcop. en sera faict de même en An-
gleterre, aux justes requestes qu'a faict et fera son ambassadeur pour plusieurs particuliers Françoys, auxquels les
DE LÀ HOTHE-FËNELON. 185
Texte da mémoire. Notes dn secrétaire d'Etat Pinart
Angloys détiennent beaucoup davantage.
De la provision contre les Le Roy désire fort que cest pirates pour en repurger ceste article soit effectué et est à mer avec aulcuns navyres de présent à se resouldre du nomguerre qui soient miz dehors bre de navyres qu'il fera équipar conunune intelligence du per ; dont le s' de La Mail- Roy et de ceste princesse pour lerye (Meilleraye), un admirai tenir la navigation seure et li- qui est icy, s'en yra bien tost en bre, et puys deffandre qu'ilz ne Normandie , instruit de la résoient receuz en nulle port de solution que le Roy aura prise France ny d'Angleterre. en cella; dont le sieur de La
Mothe sera adverty lors pour le faire entendre par delà.
De parachever ce qui reste Leurs Majestez ont bien amdes articles du tretté de la con- plement entendu par le dict fédération touchant le traffic et s' de La Chastre tout ce qui commerce des merchands et pa- est passé pour le contenu en cest reillement touchant l'Escoce. article, et s'en remect le Roy à
ce qu'il a escript exprès au sieur de La Mothe pour le faict de la royne d'Escosse.
Du faict de la royne d'Escoce et du chiffre d'elle qui a esté communiqué à Mons' de La Chastre, et comme le secrétaire Nau a eu permission de l'aller trouver, et ce qui a esté respondu par la royne d'Angleterre touchant les lettres que Leurs Maj*«« très-Chrestiennes escripvent à la dicte royne d'Escoce et du moyen de les luy faire tenir.
186 LETTRES HfËMTSS
Telle da mémoire. Notes da aocfétaite dlUat Pinart.
Du faict de M' de Meru, de Le s' dd La Mothe fera la praticque et intelligence des tousjours obsOTver le plus exministres avecques luy et de pressément qu'il lui sera poscelles qu'ilz mènent par son sible le dict s' de Meru et moyen avec le xomte de Lestre n'obmettra rien pour le traveret en ceste court, des propos ser en ses mauvaises délibéraqu'il tient désirant la bonne tions.
grâce du Roy et la paix et la justification de Mons' de Montmorency, et comme à deflfault de cella il prétend que de bien grandes et violantes entreprinses se feront.
De la bonne disposition en Le Roy luy en sçait bon gré quoy semble que soient ceuk de et en loue la bonne intention la Rochelle, et du debvoir que et eflfect du s' de Lenguillé qu'il Monsieur de Languillier a pro- sera bien aise de veoîr contimiz de faire vers eulx et vers nuer en ceste bonne volonté, toute la noblesse de Poytou et Xaintong pour les y disposer davantaige et de se ranger à Tobéyssance du Roy.
Comme il a esté escript icy LeRoyestbienadvertydece que ces reytres que le Roy a qui se faict du costé d'AUenaanaguières cassez sont très-mal gne. Toutes fois Sa Majesté contantz et vont suscitant l'Ai- veult que , quand le s' de La lemaigne contre luy, et que in- Mothe en aprend de delà queldubitablement il se faict des le- ques nouvelles , qu'il luy en vées de gens de guerre de pies escripve.
et de cheval par dellà et que ung comte qui acertain diflférant avec Monsieur de Vauldemont sollicite soubz main la guerre de France, dont seroit bon d'apayser le dict différant.
DE LA MOTHEr-FËNELON.
Texte da mémoire.
De la secrette promesse de dix mil Angloys aux eslevez et de Tapareil de mer qui s'aprestoit pour les embarquer soubz couleur de secourir le roy d'Espaigne contre le Turcq ou pour faire ung voyage au Cathay; de quoy il fault meintenant espérer que cella cessera par le renouvellement de Ligue.
Notett du seerétaired'Biftt Pinart.
Le Roy s'asseure que le s' de La Mothe a l'œil si ouvert que , s'il se représente quelques sortes (signes) de cette mauvaise volonté, il y pourvoira par delà pour la rompre et en advertira Sa Maj** auparavant pour avoir loisir d'y pourveoir.
Que le voyage de M' Quillegreu (Killegrew) en Escoce a esté suspendu jusques à ceste heure, mais il semble que incontinent après le partement de M' de La Chastre il yra, et que, oultre la dépesche de ceste princesse et de son conseil, il y aportera une aultre dépesche des ministres françoys, semblable à quatre aultres dépesches qu'ilz ont naguièrés envoyé en France, Flandres i en Allemaigne et au prince de Condé.
Le Roy désire que, tant que le s' de La Mothe sera encore en Angleterre, il ait tousjours l'œil aux affaires d'Escosse, et y fasse pour le bien de son service tout ce qu'il pourra et pour entretenir le dict royaulme tousjours à sa dévotion selon les anciennes alliances et traictés.
De milord St-Jean Escoucoys qui désire la protection du Roy et estre advouhé son domestique serviteur , chose qui relèvera beaucoup et remettra en estime le service de Sa Majesté en son pays, et des choses qu'il discourt et qu'il s'oflfre d'effectuer.
Même note.
LarequestedeMons'LeGras Remonstrer les dictes re-
i88 LETTRES INÉDITES
Texte da mémoire. Notes du secrétaire dfÉtat Piiuurt.
et aultres subjectz du Roy, qui questes pour estre par le Roy sont icy de Normandie, vivantz faicte satisfaction comme il paysiblementenbonsetloyaulx verra plus raisonnable et à subjectz. propos.
Les propos de M. le général Le Roy sçait bon gré au gé-
Portal* touchant les moyens de néral Portai de ses bonnes in-
paix, et pour acquitter le Roy tentions, et fera pour luy ce
de ses debtes et pour le faict qui se pourra selon la comme*
particulier du dict général. dite des circonstances.
Du s' du Plessis-Melesse et de la ferme résolution qu'il a de servir le Roy et accomplir résolument ce que Sa Majesté luy commandera, si parTefifort d'ung homme se peult faire.
De TAngloys ingénieur, qui offre au Roy des démonstrations et engins pour expugner des fortz sans artillerie et de mener des gens de guerre dans une place sans venir auk mains.
Du cappitayne Moyssonière.
Du faict du seigneur de La Le sieur de Mauvissièrequi Mothe-Fénelon. va pour le relever partira à la
fin de ce moys, aiant ses dépesches desjà escriptes.
1. Receveur général des finances , dont on trouvera un Mémoire plus loin, p. 304 et suiv.
LA MOTHE-FÉNELON A CATHERINE DE IffÉDICIS.
(16 avril 1575.)
Madame, parceque le jour après le départ de M. delaChastre, aucuns sont allez trouver ceste princesse et les seigneurs de son conseil pour s'opposer à nostre précédente négotiation et essayer d'en commancer une de leur part quipeult débiliter celle que nous avions desjà faicte, j'ai advisé d'aller confirmer de plus en plus la dicte dame vers Voz Très-Chrestiennes Majestez par les propos qiie trouverez en la lettre du Roy S vostre filz, qui a esté ung poinct qui l'a davantage beaucoup confirmée, de façon qu'elle asseure bien que si les choses suyvent le train à quoy elles sont acheminées, qu'elle persévérera à jamais trèsrconstamment en vostre amityé. M. de La Chastre pour la qualité de ses charges et pour ses propres quaUtez, qui sont vrayment honorables et plaines de vertuz, et pour la bonne façon dont il a usé partout où il a passé, a esté jugé ung bien digne ambassadeur et bien fort agréable à la dicte dame et aux siens, et elle luy a faict l'honneur de l'appeler l'ombre de son mary^ vous pouvant asseurer, madame , que ce qui appartient icy au service de Voz Majestez reste à présent en img si bon estât, que M. de Mauvissière n'y trouvera de long temps traverse ny difficulté qui puisse donner empeschement à sa négotiation , et se congnoistra que j'ay bien disposé la dicte dame et ceux de son conseil vers l'ellection qu'il vous a pieu faire de luy, qui vous suplie très-hmnblement luy commander de partir du premier après la Pantecoste, et que je luy puisse plus parfaictement laisser toutes mes intelligences, et je
1. Cf. , dans la correspondance imprimée , lettre au roi du 15 avril 1575, t. VI , p. 408 et suiv.
suplieray le Créateur, après avoir trèi^-humblement baisé les mains de Vostre Majesté, qu'il vous doinct.
Madame, en très^parfaicte sancté, etc.
De Londres , ce XV"» jour d'apvriL
J'ay tiré du propos de ceste princesse qu'elle s'estoit plaincte à Vostre Majesté, par lettre de sa main*, de la négotiation que nous avons traictée avecq elle pour la royne d'Ecosse, mais M. de La Chastre vous rendra compte de la modération dont nous y avons procédé, et je n'ay laissé depuys de luy en parler, en la meilleure sorte que j'ay peu, ce qu'elle n'a trouvé nullement mauvays et m'y a amiablement respondu.
LA MOTHE-FÉMELON A CATHERINE DE UÉDICIS.
(21 avril 1575.)
Madame, encores que quelques -ungs s'efforcent de destoumer ceste princesse du bon chemyn où elle est vers Voz Très-Chrestiennes Majestez,si espéré-je qu'ilz ne la pourront mectre hors de son bon train, et qu'elle persévérera en l'amytié et confédération qu'elle vous a promise, s'il plaist au Roy satisfayre aux trois poinctz qu'elle attend de luy, qui sont de jurer le traicté^ de faire expédier v/ng acte de plus expresse confirmation d'icelmf , et luy envoyer la lectre de la main de Sa Majesté en mesms sens qui est celle qu'elle a du feu Roy son frère. En quoy, comme je m'asseure qu'il n'y aura là-dessus aucune difficulté de vostre costé, qu'ainsy n'en pourra il advenir puys après nulle aultre du costé d'ici qui vous retienne ny en suspens ny en meffiance aucune l'un de l'aultre; dont je suplie