LA MOTHE-FÉNELON A PINART
(Le 18 mai 1575.)
Monsieur, sachant qu'il ne tient nulement à vous que je ne sois satisfaict du juste désir que j'ay d'avoir mon successeur ny de quoy il m'est à ceste heure tant mis de retardement es lettres et nouvelles de Leurs Majestez, j'en faiz ung article exprès à la Royne au commancement de la lettre que je lui escriptz présantement et n'en toucheray icy rien davantage à vous que pour vous suplier, monsieur, bien humblement pour l'une et pour l'aultre de ces deux myennes satisfactions, et encore pour celle troysiesme dont par mes précédantes je vous ay très-aflfectueu-
1. Sur le dos est écrit : Monsieur Pinart, conseiller du Roy et secrétaire d'Estat et des Finances de Sa Majesté.
sèment prié de faire commander au sieur Sardini qu'il ayt à acquitter promptement aux sieiurs Macey et Cenamy pour le sieur Acerbo Vellutelly mes mandementz de Tannée passée, que M. le trésorier de Tespargne m'a assignez sur luy , affinque le dict sieur Acerbo, puisqu'il m'en a advancé la pluspart, et qu'ilz luy sont deuz de fort longtemps, s'en puisse prévaloir à Lyon, pour le payement des pasques dernières, qui tombent le quatorziesme de juing prochain, aultrement il fault que je luy paye l'intérest de troys foires passées, et en espécial je vous recommande l'aflfaire dont j'escriptz présantement à la Royne pour le dict sieur Acerbo touchant luy faire remectre son facteur et serviteur en ses mains, à ce que jouxte le mémoire que en trouverez dans ce pacquet il vous plaise m'envoyer des let^ très là-dessus de Leurs Majestez à MM. de Gourdan et président de Calaya pour les bailler au dict sieur Acerbo, et que luymesme puisse mieux faire la diligence vers euk, de quoy je vous en suplie de toute l'affection de mon cueur. Je salue toutes voz bonnes grâces, et celles, s'il vous plaist, de M. Pinart, et tousjours celles de MM. de Morvilliers et de Limoges de mes bien fort humbles recommandations, qu'il vous doinct et à aulx, Monsieur, etc.
De Londres, ce XVIII" jour de may 1575.
Je vous recommande aussy fort singulièrement les aultres deux lettres que le sieur Acerbo demande à Leurs Très-Chrestiennes Majestez pour le sieur Fabio Vellutelly, son nepveu , qui va estre chevalier de Malte. Je pensoys encores escripre ceste lettre à M. Bruslart, mais selle sera vostre, s'il vous plaist, et s'adressera proprement à vous avecq la mesme recommandation que j'en faisoys à luy, et me recommanderay moymesme bien humblement à vostre bonne grâce, et mon congé plus que jamays; et vous soyez le très-bien revenu.